MARIO BRISEBOIS NOUS QUITTE À 72 ANS APRÈS UNE LONGUE ET COURAGEUSE BATAILLE CONTRE LE CANCER DE LA GORGE
Je m’en souviens comme si c’était hier… ou presque. C’était à la fin de l’été 1976. Je rentrais d’un voyage-éclair dans le Bas-du-Fleuve et j’écoutais la radio locale lorsque

Mario et moi sous le ciel de Cape Cod dans les années 1990. Des voyages extraordinaires en compagnie de Pierre Nadon.
j’ai entendu Duke Doucet inviter les amateurs de golf à se rendre au club Bic pour voir jouer les meilleurs pros de la province: Bigras, Giroux, Talbot, Thivierge et cie.
Une demi-heure plus tard, j’étais à Rimouski et c’est là que j’ai rencontré MARIO BRISEBOIS pour la première fois. Très bon golfeur, il y était comme journaliste, mais aussi à titre de participant. Tous les pros de la province étaient déjà ses amis. Trois mois plus tard, nous partions ensemble pour un voyage inoubliable à Myrtle Beach. Début d’une amitié qui allait durer 50 ans.
Mon ami Mario a rendu l’âme dimanche soir à l’âge de 72 ans après une très longue bataille contre le cancer de la gorge. Il a passé la majeure partie de sa vie à Montréal et à Shawinigan-Sud, mais le destin a voulu qu’il meure au septième étage du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, dans mon coin de pays. J’ai pu le voir une dernière fois, il y a quelques jours, dans la chambre 7533. Un moment difficile que j’appréhendais depuis longtemps. Me semble qu’il nous restait quelques tours de piste à faire ensemble, quelques sornettes à nous raconter.
Je pourrais vous parler de Mario pendant des heures, mais les mots ne disent pas

Mario Brisebois n’avait que des amis. Il a marqué l’histoire du sport au Québec, spécialement dans le monde du golf.
tout et semblent parfois inutiles. Nous avons fait tellement de choses ensemble, avons eu tellement de bon temps. Toutes ces rondes de golf sur les plus beaux parcours d’ici et d’ailleurs, tout ce «tirage de pipe», toutes ces soirées bien arrosées à Laval, à Ahuntsic, à L’Estérel, à Cape Cod, à Victo, au Manoir Richelieu, à North Hatley, à Toronto et j’en passe. Il pouvait me dire mes quatre vérités en pleine face et vice-versa. Un vrai chum, ça sert aussi à ça.
On l’avait baptisé Doggy parce qu’il avait du chien dans le nez. Travailleur infatigable, il est vite devenu le meilleur chroniqueur de golf de la province. Son expertise et son bon jugement étaient reconnus à Toronto et partout à travers le pays. Il a aussi laissé sa marque dans le ski et le tennis. Il avait le plus grand respect pour les athlètes et ne ratait jamais une occasion de leur pousser dans le dos pour les inciter à aller encore plus loin.
Ex-élève de Gilles Bourassa dans sa Mauricie natale et ancien caddie de notre Jojo nationale, championne du tournoi La Canadienne, il n’a jamais compté ses heures, toujours à l’affût de la nouvelle.

Mario Brisebois avec ses filles Catherine et Andréanne lors de son intronisation au Temple de la renommée de Golf-Québec, il y a quelques années.
Plus encore, il a été un père formidable pour Andréanne et Catherine suite au décès de son épouse Marie-Josée à l’été 1990. Il a donné tout son amour à ses deux perles et elles le lui ont bien rendu.
Aux prises avec le cancer de la gorge depuis une douzaine d’années, Mario s’est battu très courageusement sans jamais se plaindre de son sort. Il a dû se taper des dizaines de voyages entre l’Estrie et l’hôpital Juif de Montréal, sachant trop bien qu’il vivait sur du temps emprunté. Je l’ai vu batailler durant toutes ces années. Il me disait toujours: «Y’en a qui sont pires que moi!»
J’ai eu beaucoup de temps pour me préparer à cette mort, mais le choc est brutal. Un chum de 50 ans, ça ne se remplace pas. Mes plus vives condoléances vont à sa conjointe Nicole Delorme, à ses deux filles, à ses cinq petits-enfants, à sa mère Rita et ses deux soeurs, à ses amis proches, ainsi qu’à tous ceux et celles qui ont eu le bonheur de le connaître. C’est un grand homme qui nous quitte. Un gars allumé, généreux et profondément bon.
Son idole dans le sport, c’était SEVERIANO BALLESTEROS, le plus charismatique de tous les golfeurs européens. Il avait un peu son physique, mais pas le même talent!
J’ai vu partir plusieurs de mes copains depuis le début du nouveau millénaire.
Beaucoup trop, en fait. La grande faucheuse n’épargne personne. Cette fois, ça fesse dans le dash! L’autre nuit, j’ai rêvé que je jouais au golf à Cape Cod avec Seve, Mario et notre vieux pote Pierre Nadon. Je me suis senti très seul en ouvrant les yeux. The Show Must Go On, I guess.
Quand on n’a plus aucune qualité de vie, vaut mieux s’en aller dans le grand jardin de l’éternité. C’est une bonne partie de moi qui part avec lui. Merci pour tout, monsieur Brisebois.
P.S. Pour plus d’infos sur sa carrière journalistique et quelques hommages bien sentis, veuillez lire le communiqué de presse habilement rédigé par Marie-Anik L’Allier.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE | Décès de Mario Brisebois
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Journaliste sportif dont la carrière a été consacrée au rayonnement
du sport et des athlètes québécois
Sherbrooke, le 26 janvier 2026 — C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de Mario Brisebois, journaliste et chroniqueur, à la suite d’un courageux combat contre la maladie. Figure incontournable du journalisme sportif pendant 50 ans, Mario Brisebois a occupé une place centrale dans l’écosystème du
sport au Québec. Par la portée de son travail et son engagement profond, il a exercé une influence réelle et durable dans les milieux du golf, du ski et du tennis, contribuant à leur reconnaissance et à leur essor. Il a consacré sa carrière à faire connaître le sport et à valoriser les athlètes.
Employé du Journal de Montréal pendant 36 ans, Mario Brisebois a également collaboré à la radio, notamment sur les ondes du 98,5 FM, ainsi qu’à la télévision comme commentateur à RDS. Son expertise reconnue a été sollicitée par plusieurs organisations sportives, dont Ski Québec, Tennis Canada et Golf Québec, en plus d’être un collaborateur de longue date de Golf Canada.
Originaire de Shawinigan-Sud, Mario Brisebois a développé très tôt une passion pour

Mario Brisebois avec le regretté André (Ti-Noir) Gagnier, ancien pro au club Islesmère. Li la li la li lo!
le golf. En 1973, il a accompagné Jocelyne Bourassa comme cadet lors de sa victoire historique au tournoi La Canadienne de la LPGA, disputé à Montréal. La championne a d’ailleurs souligné le rôle déterminant de son cadet dans cette victoire. Cette expérience marquante a profondément influencé le parcours de Mario et l’a mené vers sa carrière de journaliste.
Distinctions et honneurs
Dans l’univers du golf, Mario Brisebois faisait l’unanimité. Il s’y est imposé comme l’une des voix les plus informées et les plus respectées. Son engagement a été salué par son intronisation au Temple de la renommée du golf du Québec en 2018. Il a également reçu, en 2003, le Prix pour services distingués de Golf Canada, une distinction honorant une
contribution exceptionnelle au sport. En 2005, il a contribué, en collaboration avec d’autres chroniqueurs, à la création du prix Pierre-Nadon. Ce prix est remis annuellement à la mémoire de son grand ami, afin de souligner l’apport d’une personne ayant marqué l’avancement du golf québécois.
Dans le milieu du ski, il a joué un rôle marquant par sa couverture soutenue des performances des athlètes de chez nous. Son travail a notamment été reconnu par la Fédération internationale de ski (FIS), qui lui a décerné le titre de chroniqueur par excellence.
En tennis, il a été nommé journaliste de l’année par Tennis Québec et intronisé au Panthéon de la renommée du tennis québécois, dans la catégorie des bâtisseurs, soulignant l’importance de sa contribution au développement et au rayonnement de ce sport.
Une empreinte humaine unique
Au-delà des mots et des articles qu’il aura signés, Mario Brisebois était avant tout un

Mario, en fin de vie, pose entre Dave Ross, de L’Estérel, et Réal Labbé, ex-chroniqueur de golf au journal Le Soleil.
journaliste profondément humain. Il accordait une attention particulière à la relève québécoise, qu’il a suivie avec bienveillance au fil des années. Sa manière de raconter le sport allait bien au-delà des résultats : il savait donner du sens aux efforts, aux choix et aux sacrifices. Pour de nombreux athlètes, amateurs comme professionnels, il a été un allié discret et sincère.
Sa façon d’être et de travailler lui a valu l’estime de tous les milieux qu’il a côtoyés. Soucieux de reconnaître le talent des
autres, il mettait en valeur ses pairs et a marqué la vie professionnelle de nombreux intervenants avec qui il a collaboré.
Fidèle à sa nature, Mario a fait preuve d’un grand courage dans son combat contre la maladie. Jusqu’à la fin, il a pu compter sur le soutien indéfectible de sa conjointe, Nicole, ainsi que de ses deux filles, Andréanne et Catherine. Il laisse également dans le deuil ses petits-enfants, Olivier, Sara Maude, William, Édouard et Henri, dont il était immensément fier.
La famille tient à remercier chaleureusement les équipes soignantes de l’Hôpital général juif de Montréal et du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke pour la qualité et l’humanité des soins prodigués.
TÉMOIGNAGES
Des personnalités l’ayant côtoyé de nombreuses années ont tenu à témoigner de
l’impact qu’il a eu, tant sur leur parcours que sur leur milieu:
« Je considère Mario comme un véritable pionnier de l’essor du tennis au Québec depuis les années 1980. Il a développé le créneau de la couverture quotidienne du tennis, qui n’existait pas auparavant. Journaliste passionné, il s’intéressait aux athlètes québécois bien sûr, mais aussi aux travailleurs de l’ombre, administrateurs et bénévoles de partout au Québec. À titre tout à fait personnel, il a d’ailleurs joué un rôle important dans mon propre parcours, notamment en signant un article déterminant appuyant ma candidature pour succéder à Richard Legendre à la direction des Internationaux du Canada à Montréal, en 2001. »
Eugène Lapierre, directeur de l’Omnium de tennis de la Banque Nationale de
Montréal de 2001 à 2022.
« Mario a toujours été un phare dans la tourmente de ma carrière sportive. Un homme réservé, à l’humilité déconcertante, mais d’une redoutable efficacité. Toujours de bons conseils, il était plus qu’un journaliste : c’était avant tout un ami qui m’éclairait dans les moments les plus sombres et qui me faisait rayonner dans les plus heureux. L’altruisme dans son sens le plus généreux. Il tolérait les honneurs, mais
préférait être spectateur. Son sens de l’écoute lui permettait de tout savoir, mais son sens de l’amitié lui dictait ce qu’il devait filtrer. Il était une sorte de mentor, mais refusait l’appellation, beaucoup trop prétentieuse à son goût ! Le côtoyer fut un privilège. Ses lumières m’ont toujours guidé à bon port, tout comme de nombreux collègues en ski acrobatique, sport qu’il a largement contribué à faire connaître. Merci pour tout, Mario. »
Jean-Luc Brassard, champion olympique en ski acrobatique.
« J’ai eu l’immense privilège de compter sur son amitié et son mentorat pendant de
nombreuses années. Véritable gentleman, Mario faisait preuve d’une grande gentillesse, d’une attention sincère et d’un remarquable sens du « gros bon sens ». Membre pleinement mérité du Temple de la renommée du golf du Québec, il a, tout au long de sa carrière, mis en valeur nos meilleurs talents. Son engagement infatigable a également contribué de façon significative au rayonnement du Fonds Héritage Jocelyne Bourassa, soutenant la formation des entraîneurs et l’octroi de bourses académiques à des golfeuses professionnelles. Il me manquera profondément. Repose en paix, cher Mario. »
Diane Dunlop-Hébert, ex-présidente de Golf Canada et de Golf Québec, administratrice au Royal and Ancient Golf Club of St Andrews.
« Je viens de perdre un ami, un vrai! Il s’est battu avec un courage admirable contre ce
foutu cancer, mais ce qui restera à jamais, ce n’est pas la maladie… c’est l’homme qu’il était. Même quand les mots devenaient difficiles à dire, il trouvait encore la force de les écrire. Nos échanges étaient remplis de bienveillance, de justesse, de respect. Il avait ce don rare de comprendre les gens, tous les gens, sans jugement, sans malice. Journaliste sportif respecté, il a tant donné au monde du golf et du sport au Québec. Il a aidé, encouragé, mis en lumière. Il a été le premier à croire en moi, à écrire sur moi alors que je faisais mes premiers pas comme animateur. Ce geste, je ne l’ai jamais oublié. Il respectait profondément les femmes dans le sport, reconnaissant leur place et leur contribution, et n’hésitait jamais à les mettre de l’avant. Il les admirait sincèrement. Il était reconnaissant, attentif, loyal. Il avait une mémoire du cœur. Pendant ma maladie, il a été là. Toujours. Pour moi, pour ma femme, qu’il aimait beaucoup et qui l’aimait tout autant. Mon ami Mario était un homme d’humanité. Un grand monsieur. Merci pour tout ce que tu as été, mon ami. Tu laisses une trace profonde, vraie, indélébile dans

Richard Legendre a vécu de belles aventures au petit stade de la rue Jarry avec son ami journaliste.
mon cœur ! Tu continueras de vivre dans nos souvenirs, nos rires et notre gratitude. Mario, tu me manques déjà tellement. Bon voyage. On se retrouvera. »
Ron Fournier, animateur de radio, journaliste et commentateur sportif.
« Un journaliste qui devient un ami pendant plus de 40 ans, c’est un journaliste qui fait plus qu’écrire. C’est un journaliste qui se donne, qui se dévoue, qui raconte, qui respecte, qui comprend et qui aime. C’est un journaliste et surtout, un homme d’exception. C’est notre Mario. C’est notre grand Mario Brisebois. Salut Mario B! »
Richard Legendre, ancien ministre responsable du Sport au Québec et figure influente du sport québécois
« Au fil de sa carrière, Mario a grandement contribué au développement et à la
popularité du tennis, du golf et du ski. Il faisait l’unanimité : le rencontrer, c’était l’aimer. Toujours disponible pour recueillir la parole des athlètes, profondément respectueux de leur réalité, Mario était aussi un travailleur acharné, animé par une passion sincère pour le sport et les gens qui le font vivre. Aujourd’hui, je pleure un ami. »
Réjean Genois, ancien joueur de tennis professionnel et président de Tennis Québec pendant plus de trente ans.
Un événement commémoratif aura lieu dans les prochaines semaines afin d’honorer sa mémoire. La famille communiquera les détails sous peu.
En complément à ces témoignages, André Rousseau rend hommage à son ami Mario dans une chronique publiée sur le site lescoulissesdusport.ca.
Pour plus d’informations :
Marie-Anik L’Allier
514 983-8236
Sur une note plus personnelle, je suis l’une des nombreuses personnes dont le parcours a été marqué par Mario Brisebois. Dès mes débuts à Ski-Québec, il m’a soutenue avec une générosité et une bienveillance rares, ayant un impact déterminant sur le cours de ma carrière. Je lui en serai éternellement reconnaissante. (M.A. L’Allier)














