Charles Thiffault affligé par la tragédie de Lac-Mégantic

Consternation, stupeur, indignation, tristesse, colère… Les mots manquent pour décrire les sentiments qui habitent les gens de Lac-Mégantic.

Le «train de la mort» fait jaser aux quatre coins du pays et même à l’étranger. Une tragédie immense qui n’est pas sans nous rappeler celles qui sont survenues dans le passé à Saint-Jean-Vianney, à Eastman, à Chapais et aux Éboulements.

«J’ai vécu sur les rives du Lac Saint-François pendant 25 ans et j’allais très souvent à Lac-Mégantic pour faire mes courses ou aller m’asseoir sur la chaise du dentiste, rappelle Charles Thiffault, ex-entraîneur adjoint de Michel Bergeron, de Jacques Demers et de Pat Burns. De plus, je traversais régulièrement le centre-ville pour me rendre au club de golf (où il a été directeur général durant quelques années). J’ai plein d’amis dans la région et je ne peux que sympathiser avec les familles des victimes. Je pense à eux et j’en ai des frissons».

Thiffault, qui vit maintenant à Sherbrooke, a reçu plein d’appels durant les deux dernières journées et il est presque assuré d’avoir perdu un ami proche dans l’incendie qui a détruit le centre-ville de Lac-Mégantic.

«Dans un village de 6000 habitants, tout le monde se connaît. J’imagine le climat qui sévit après une telle tragédie. Je comprends l’indignation des citoyens. Un train de pétrole qui file à toute vitesse en plein coeur de la ville, c’est un peu comme une bombe à retardement», conclut-il.

Comme tout le monde, Charlie attend la suite des choses et se pose plein de questions.

DEMERS: «Je n’avais pas le droit de perdre contre les Nordiques»

Jacques Demers est un peu comme un vieux boxeur qui se promène de ville en ville avec sa ceinture de champion.

On le reconnaît comme sénateur à Ottawa et ancien analyste à RDS, mais d’abord et avant tout comme le dernier homme à avoir mené le Canadien à la conquête de la coupe Stanley. Partout où il passe, on lui parle de cette «coupe inattendue» avec 10 victoires de suite en prolongation.

Jacques Demers: «J'avais le meilleur gardien de but et un excellent capitaine».

Jacques Demers: «J’avais le meilleur gardien de but et un excellent capitaine».

«En 1993, j’en étais à ma première saison à Montréal, mais j’étais habité par une grande confiance, dit-il. J’avais le meilleur gardien de but de la ligue en Patrick Roy, un excellent capitaine en Guy Carbonneau et un groupe de joueurs avec beaucoup de caractère. Des gars comme Mike Keane, Kirk Muller, Éric Desjardins et Jean-Jacques Daigneault n’acceptaient pas facilement la défaite».

Demers se souvient surtout de la première série contre les Nordiques alors que son équipe tirait de l’arrière 0-2. «Je n’avais pas le droit de perdre contre les Nordiques. Il y avait beaucoup de pression sur moi et sur ma famille. En déficit de deux parties, j’ai dit à mes joueurs: «Nous avons les Nordiques exactement là où nous voulons les avoir». Ce n’était pas des paroles en l’air. Je pensais réellement que nous pouvions les battre et c’est ce que nous avons fait».

En finale, le Canadien a fait encore mieux en liquidant les Wayne Gretzky et les Kings de Los Angeles en cinq parties. «On respectait les Kings et on savait très bien ce que Wayne pouvait faire sur la patinoire, ajoute Demers. Carbo est venu me voir pour me dire qu’il voulait s’occuper de Gretzky. J’ai accepté et il a rempli son rôle à merveille. Pour ce qui est du bâton illégal de Marty McSorley, je n’ai fait que mon devoir. J’avais été informé par une couple de joueurs et j’ai attendu le moment propice pour m’adresser à l’arbitre».

DE RETOUR À OTTAWA?

Après avoir fait du sport toute sa vie, Demers a décidé, malgré son peu de scolarité, de servir son pays comme sénateur il y a bientôt quatre ans.

«À mon arrivée à Ottawa, j’ai été aussi impressionné par le tapis rouge du Sénat canadien que par le tapis rouge dans le vestiaire du Canadien, dit-il. Je n’y connaissais rien, mais Frank Mahovlich m’a servi de professeur dans les différents dossiers. Je pense qu’il est plus important d’avoir un bon jugement que des diplômes à perte de vue. Les gens ont beaucoup de respect pour ceux qui ont fait leur marque dans le monde du sport.

«Je ne suis pas content des scandales qui ont éclaboussé récemment la Chambre des sénateurs. On met tout le monde dans le même panier même s’il n’y a que trois ou quatre personnes fautives. Je n’oserais jamais fouiller dans les poches des contribuables pour améliorer mon sort. Il y aura une réunion de tous les sénateurs au début de septembre et j’ai la ferme intention de mettre cartes sur table. Je déciderai ensuite si je reste ou si je m’en vais».

Cette entrevue a été réalisée dans le cadre du tournoi de golf du Parc Domaine Vert, à Mirabel. Jacques a le même défaut que moi sur un terrain de golf: il est trop proche de sa balle… après l’avoir frappée!

Les anniversaires du lundi 8 juillet

En passant

  • RÉGIS LÉVESQUE, ancien promoteur de boxe, 78 ans.
  • MICHEL DUMAS, recruteur des Blackhawks, 64 ans.
  • DALE HOGANSON, ex-défenseur des Nordiques, 64 ans.
  • JAKE LAMBERT, ancien joueur des Steelers de Pittsburgh, 61 ans.
  • CLAUDE L’ÉCUYER, du club Le Mirage, 69 ans.
  • KARL DYKHUIS, ex-défenseur du Canadien, 41 ans.
  • TERRY PUHL, ancien des Astros, 57 ans.
  • CLAUDE CARRIER, recruteur des Devils du New Jersey.
  • BRAD MAXWELL, ancien des North Stars, 56 ans.
  • TODD MARTIN, tennis, 43 ans.
  • JONATHAN LANGLOIS, magicien, 35 ans.
  • ALEXEI GUSAROV, ex-défenseur de l’Armée Rouge, 49 ans.
  • JAN ERIXON, ancien des Rangers, 51 ans.
  • PATRICK BOUCHARD, baseball amateur, 41 ans.
  • ANNE-MARIE SPINELLI, de Dorval.
  • JACK LEFRANÇOIS, de Drummondville, 73 ans.
  • MARTINE NOLIN, du quartier Ahuntsic, 34 ans.
  • SYLVAIN CHATEL, arbitre de Longueuil, 55 ans.
  • HECTOR LOPEZ, ancien réserviste des Yankees, 81 ans.
  • MIKE RIDLEY, ancien des Capitals, 50 ans.
  • PIERRE NORMANDIN, ancien joueur de baseball à Rosemont, 64 ans.
  • PIERRETTE ROUSSIN, de Montréal.
  • JERRY VALE, chanteur américain, 81 ans.
  • ALAN ASHBY, ancien des Astros, 62 ans.

Le Royaume-Uni est en liesse

En passant

Une des plus longues disettes de l’histoire du sport a pris fin dimanche lorsque l’Écossais Andy Murray est devenu le premier Britannique à gagner Wimbledon depuis 1936.

Stimulé par une foule partisane, Murray a effacé sa défaite de l’an passé contre Roger Federer en battant le Serbe Novak Djokovic 6-4, 7-5 et 6-4. Il a ensuite grimpé dans les estrades du All England Club pour embrasser les membres de sa famille et son entraîneur Ivan Lendl avant d’accepter le trophée des mains du Duc de Kent.

Andy Murray est devenu le premier Britannique depuis 1936 à gagner le tournoi de Wimbledon. Il a vaincu Novak Djokovic 6-4, 7-5 et 6-4 devant une foule en délire.

Andy Murray est devenu le premier Britannique depuis 1936 à gagner le tournoi de Wimbledon. Il a vaincu Novak Djokovic 6-4, 7-5 et 6-4 devant une foule en délire.

Il est difficile d’imaginer toute la pression qui pesait sur les épaules du nouveau champion. Les habitants du Royaume-Uni attendaient ce moment depuis 77 longues années.

Murray a dû lutter de toutes ses forces pour venir à bout d’un adversaire excessivement coriace. Les échanges entre les deux joueurs à la fin du troisième set étaient tout simplement magiques. Un grand spectacle!

«Je me sens mieux que l’an passé à la même date, a dit Murray, sourire en coin, devant les caméras d’ESPN. Cette défaite (contre Federer) a été un des moments les plus difficiles de ma vie. Novak est l’un des plus grands bagarreurs de l’histoire du tennis et il l’a prouvé encore aujourd’hui. J’ai fait de mon mieux et j’espère que vous être contents. Merci à ma maman et à mon entraîneur Ivan Lendl. Il est une personne fantastique et il a travaillé très fort pour faire de moi un champion».

Djokovic, sept fois champion dans les tournois du Grand Chelem, a accepté la défaite avec beaucoup d’élégance: «Félicitations, Andy. Tu as très bien joué et tu mérites la victoire. Je suis conscient de toute la pression qui pesait sur ses épaules. Ce moment était attendu depuis si longtemps par le peuple anglais».

L’avenir nous dira si cette victoire donnera suffisamment confiance à Murray pour le propulser vers de nouveaux sommets. Pour le moment, tout le Royaume-Uni est en liesse.