Ici René Lecavalier

Bonsoir, amateurs de hockey d’un bout à l’autre du Canada. Ici René Lecavalier en direct du Forum de Montréal pour le reportage de ce match tant attendu entre les Red Wings de Détroit et le Canadien de Montréal.

Cette rencontre vous parvient d’un amphithéâtre entièrement rénové au coût de trois millions de dollars grâce aux efforts du maire Drapeau et du conseil exécutif de la Ville de Montréal. Un nouvel édifice ultra-moderne pouvant accueillir 17 000 spectateurs et qui fera sûrement le bonheur des partisans du Tricolore.

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René Lecavalier a été la voix du Canadien à la radio et à la télévision pendant plus de 30 ans.

Sachez qu’on a vendu tous les billets à cinq dollars pour ceux qui désiraient assister au match «debout» derrière les bancs gris.

Parmi les athlètes à surveiller ce soir dans le camp des visiteurs, on retrouve l’indestructible Gordie Howe, encore très solide sur ses patins à 43 ans, Alex Delvecchio, Frank Mahovlich et le rude Howie Young. Pour leur donner la réplique, Hector «Toe» Blake mise sur plusieurs joueurs qui ont fait leurs preuves dans la Ligue nationale: Jean Béliveau, Yvan Cournoyer, Gilles Tremblay, Robert Rousseau, Ralph Backstrom, John Ferguson, Terry Harper, Claude Provost et Jean-Claude Tremblay.

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Gordie Howe, encore solide sur ses patins à 43 ans, participe à ce match tant attendu entre le Canadien et les Red Wings dans le vieux Forum de Montréal .

Le jeune Rogatien Vachon, de Palmarolle, protège la cage du Canadien et le vétéran Roger Crozier celle des Red Wings.

L’équipe qui l’emportera ce soir terminera le calendrier régulier en première position et méritera le droit d’affronter les Bruins de Boston en première ronde des séries éliminatoires. Les perdants devront se mesurer à Bobby Hull et aux dangereux Blackhawks de Chicago.

Pour l’interprétation des hymnes nationaux, allons tout de suite retrouver Yoland Guérard près du banc des punitions. (De sa belle voix de ténor, Yoland y met toute la gomme avant de céder le micro à Jerry Trudel pour les cérémonies d’avant-match).

Le premier ministre Daniel Johnson, accompagné du maire Drapeau et d’une couple de ses lieutenants de l’Union nationale, aura maintenant l’insigne honneur de procéder à la mise au jeu protocolaire. M. Johnson sera d’ailleurs l’invité de Richard Garneau durant le premier entracte et nous parlera de sa passion pour le hockey.

M. Hartland de Montarville Molson, président de la brasserie du même nom, est fidèle au poste derrière le banc du Canadien. Malgré son attitude débonnaire, rien ne lui ferait plus plaisir que de voir son équipe ajouter une 16e coupe Stanley à sa collection.

L’arbitre du match est Bruce Hood. Ses adjoints: Claude Béchard, de Cap-de-la-Madeleine, et Gérard Gauthier, de Montréal.

Cette première période est une présentation de la pétrolière Esso Imperial, de la bière Molson Laurentide et des cigarettes Belvédère. Bonne soirée à l’antenne de Radio-Canada.

Béliveau s’élance au centre de la patinoire, déjoue habilement Delvecchio et passe la rondelle à Gilles Tremblay qui file à vive allure sur le flanc gauche. Du coin de l’oeil, Gilles aperçoit Yvan Cournoyer qui fonce vers l’enclave. Une fraction de seconde plus tard, le Roadrunner lance et compte! Quel merveilleux échange à trois! Crozier, les quatre fers en l’air, n’y a vu que du feu.

Voici maintenant Jean-Maurice Bailly qui nous arrive avec un bulletin spécial d’informations: «Selon des sources fiables, Me Alan Eagleson, un jeune avocat de Toronto, a été vu cette semaine dans un restaurant de la métropole avec deux ou trois joueurs du Canadien. On le dit déterminé à solidifier l’Association des joueurs de la Ligue nationale afin de contrer le puissant monopole des propriétaires. Clarence Campbell, Sam Pollock et James Norris ont eu vent de l’affaire et on raconte qu’ils sont dans tous leurs états. Ils n’ont nullement l’intention de négocier avec qui que ce soit concernant l’implantation d’une nouvelle convention collective. Ils détiennent les pleins pouvoirs et n’entendent pas céder d’un pouce».

Vous en saurez davantage, demain matin, en lisant l’article de Jacques Beauchamp dans le Montréal-Matin ou celui de Red Fisher dans le Montreal Star.

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John Ferguson n’hésite jamais à jeter les gants pour protéger ses coéquipiers.

À la gauche de Vachon, voilà la bagarre qui éclate entre Ferguson et Howie Young. Les deux hommes forts s’en donnent à coeur joie devant un public survolté. Les coups pleuvent de partout. Heureusement, Béchard et Gauthier s’interposent à temps pour limiter les dégâts, mais ce n’est que partie remise. Ces deux-là ne s’aiment pas d’amour tendre.

Après 40 minutes de jeu, Maurice Richard et Émile «Butch» Bouchard rendent visite à Lionel Duval à la Ligue du vieux poêle. À la surprise générale, ils racontent le bras-de-fer qu’ils ont dû livrer à Frank Selke pour obtenir une mince augmentation de salaire de 2000$, quelques années auparavant.

Décidément, notre sport national n’est plus seulement un sport. L’argent y occupe une place de plus en plus importante et chacun veut obtenir sa part du gâteau. On n’ose pas imaginer ce que ce sera dans 20, 30 ou 40 ans…

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…

CANTON DE HATLEY— «Je voudrais tant que tu te souviennes. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi. Et le vent du nord les emporte dans la nuit froide de l’oubli…»

La chanson fétiche d’Yves Montand. Paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph Kosma. Un grand classique de la chanson française.

Au temps des feuilles mortes, après un été absolument magnifique, je souhaite prendre quelques minutes pour vous offrir ces quelques paragraphes susceptibles de vous faire réfléchir un tant soit peu:

  • Si l’univers existe depuis douze ou treize milliards d’années, les Stones sont encore jeunes. James Bond et Jacques Languirand aussi.
  • Si vous aviez parié 1000$ sur les Giants à Las Vegas, vos cadeaux de Noël seraient déjà payés.
  • Si j’ai bien compris, comme disait Alban Flamand, certains de nos politiciens sont aptes à jouer le rôle de Pinocchio.
  • Combien de temps peut-on vivre sans hockey? Un hiver complet? Pourquoi pas? Comme l’a déjà dit Stéphane Richer, «y’a pas rien que le hockey dans la vie». Tout le monde y perd au change, mais la terre continue de tourner quand même. En autant que Gary est content…
  • Comment Dick Duff et Tom Johnson peuvent-ils être au Panthéon du hockey, mais pas Jean-Claude Tremblay?
  • Lorsque René Lévesque nous a dit: «On est peut-être quelque chose comme un grand peuple», ça  voulait dire: «Retroussons-nous les manches pour y arriver».
  • Si on vous donnait le choix, vous prendriez Sandy ou une grosse tempête de neige?
  • Le regretté Henri Salvador disait: «Qu’on le veuille ou non, c’est toujours le public qui décide». Cette phrase s’applique-t-elle aussi au sport professionnel?

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    Albert Einstein craignait le jour où la technologie surpasserait l’interaction entre les humains. N’en sommes-nous pas rendus là avec tous ces machins?

  • Albert Einstein craignait le jour où la technologie surpasserait l’interaction entre les humains. «Nous aurons alors une génération d’idiots», prédisait-il. N’en sommes-nous pas rendus là avec tous ces machins électroniques?
  • Si Vladislav Tretiak avait été libéré et avait pu jouer pour le Canadien au milieu des années 1980, qu’est-ce qui serait arrivé à Patrick Roy?
  • Il y a trois sortes d’hommes: ceux qui font arriver les choses, ceux qui regardent filer le train et ceux qui se demandent ce qui a bien pu se passer.
  • Que diraient Geoff Molson et Michel Therrien s’ils pouvaient livrer le fond de leur pensée sur ce conflit insolite?
  • Est-ce que vous connaissiez Pablo Sandoval et Marco Scutaro avant le mois d’octobre?
  • L’Antichambre détient la nouvelle marque pour le plus grand nombre d’ex-entraîneurs à son emploi.
  • Chacun de nous n’est qu’un petit grain de sable dans l’immensité de l’univers. Ceux qui ne le croient pas devraient consulter le Doc Mailloux.
  • Gary Bettman réalise-t-il que son sport est déjà loin derrière le football, le baseball et le basketball dans le coeur des Américains?
  • Une société sans une classe moyenne en santé, ça ne marche pas. Barack se fera un plaisir de vous expliquer ça.
  • Tiger Woods semble faire bon ménage avec le jeune Rory McIlroy. C’est payant pour les deux joueurs. Très payant, même. Money talks.
  • Les gens vivaient très bien avant qu’on invente les nouvelles 24 heures sur 24.
  • Être heureux n’est pas une affaire de destin. C’est une affaire d’options et de choix.
  • Les journaux sont tellement en déclin qu’ils pourraient finir par disparaître de la circulation. Dommage.
  • Dieu n’est ni démocrate, ni républicain, mais il aurait un faible pour Obama.
  • Bonne journée, tout le monde!

Le gros Raymond a parfaitement raison

Raymond Bourque, cinq fois gagnant du trophée Norris et meilleur défenseur de sa génération, n’est pas du genre à parler à travers son chapeau et encore moins à se mêler de ce qui ne le regarde pas.

Cette semaine, il a bien voulu donner son point de vue au confrère Jonathan Bernier en ce qui concerne le lock-out qui paralyse la LNH depuis bientôt 50 jours.

«C’est maintenant aux propriétaires de bouger, a-t-il déclaré. Les joueurs ont fait leur part. Ils ont démontré qu’ils étaient prêts à se rapprocher pour trouver un compromis».

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Raymond Bourque a raison. Les joueurs ont fait leur part. C’est maintenant aux propriétaires de bouger, mais auront-ils le courage de le faire?

Le gros Raymond a parfaitement raison. Les joueurs ont fait leur part en acceptant le principe du 50-50 dans le partage des revenus. Par contre, ils n’ont pas à céder davantage en ce qui concerne les contrats signés avant la fin de la dernière convention collective. Il faut aussi rappeler qu’ils ont perdu sur toute la ligne en 2005. Ils ont alors encaissé une perte de 24 pour cent sur leurs chèques de pays. Ils ont aussi dit oui au plafond salarial afin d’aider les propriétaires à mettre de l’ordre dans leurs finances, ce qu’ils n’ont visiblement pas réussi à faire.

Certains commentateurs qui croient avoir inventé les boutons à quatre trous se sont permis de critiquer Raymond Bourque. Ils se disent surpris de le voir se mêler du débat après avoir accepté durant toute sa carrière de toucher moins d’argent afin de poursuivre sa carrière à Boston.

Je leur répondrai que Bourque était un joueur loyal à son organisation et qu’il était pleinement satisfait des contrats offerts par Harry Sinden, sinon il ne les aurait pas signés. Ne vous inquiétez pas pour lui. Son compte de banque se porte beaucoup mieux que le vôtre!

Bettman partira-t-il?

Toujours est-il que ce lock-out est loin d’être terminé. On parle même d’annuler la Classique hivernale du 1er janvier, un événement qui devait attirer plus de 100 000 personnes au Michigan et donner beaucoup de visibilité à la Ligue nationale.

On a de plus en plus l’impression (pour ne pas dire la certitude) que Gary Bettman livre le «combat de sa vie» et qu’il n’a qu’une seule idée en tête: écraser et humilier le syndicat des joueurs. Il est aussi engagé dans une guerre ridicule avec son vis-à-vis Donald Fehr. Ces deux hommes ne s’entendront jamais sans l’intervention d’un médiateur quelconque.

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Gary Bettman est tellement détesté, tellement dictateur, qu’on en vient à s’ennuyer de Clarence Campbell!

Avec l’appui indéfectible de sept ou huit propriétaires, Bettman a entre les mains des «pouvoirs nettement exagérés». De toute ma vie, je ne me souviens pas d’avoir vu un homme aussi détesté. Tellement qu’on en vient à s’ennuyer de Clarence Campbell!

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Campbell a été président de la ligue de 1946 à 1977 et c’est sa décision de suspendre le Rocket, en 1955, qui a entraîné l’émeute Maurice Richard.

Le jour où ce conflit sera enfin réglé – le plus tôt serait le mieux-, Bettman rendrait un grand service au hockey s’il décidait de rentrer à la maison avec une généreuse prime de départ. Il a déjà fait assez mal à notre sport national.

LES GIANTS: tout simplement irrésistibles

«Je n’ai aucune excuse, aucune plainte à formuler. Je suis assommé», a déclaré Jim Leyland, gérant des Tigers de Détroit, après avoir vu son équipe se faire démolir par les Giants de San Francisco en Série mondiale.

Au même titre que les Dodgers de 1963 avec Sandy Koufax au sommet de son art, les Orioles de 1966 avec Frank et Brooks Robinson, la Big Red Machine de Sparky Anderson (1976) ou les Red Sox de Big Papi en 2004, les Giants et Pablo Sandoval étaient tout simplement irrésistibles. Il n’y avait rien ni personne pour les arrêter.

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Bruce Bochy a gagné deux des trois dernières Séries mondiales à la barre des Giants de San Francisco. Ancien receveur,  connaît son affaire et il insiste beaucoup sur le travail en équipe.

Le point tournant est survenu avant le début de la Série mondiale, lorsque le vétéran gaucher Barry Zito est allé battre les Reds à Cincinnati dans le cinquième match de la série de championnat de la Ligue nationale. Par la suite, les Giants n’ont plus jamais regardé en arrière.

Quand une équipe a le vent dans les voiles et qu’elle fait preuve d’un si bel esprit d’unité, l’adversaire n’y peut absolument rien. Pablo Sandoval a donné le ton avec trois circuits dans le premier match et les Tigers n’y ont vu que du feu.

Les Giants ont dominé dans tous les domaines. Les lanceurs partants ont été formidables, la relève n’a rien donné, la défense a été impeccable et les frappeurs ont fait preuve d’opportunisme.

«Lorsque les joueurs mettent leur ego de côté pour le bien de l’équipe, ça facilite drôlement la tâche du gérant», a dit Bruce Bochy, deux fois champion en l’espace de trois ans.

Bochy n’a pas manqué de souligner l’acquisition très importante de Marco Scutaro en fin de campagne. Il a aussi rendu hommage à tous ceux qui ont contribué à cette très grande victoire.

On évoque maintenant la possibilité que les Giants deviennent l’équipe à battre durant plusieurs années. Ça reste à voir. Il suffit d’une blessure ou deux pour tout changer. Par exemple, l’an passé, les Giants ont beaucoup souffert de l’absence du receveur Buster Posey, leur joueur de concession.

Chose certaine, ils obtiennent beaucoup plus de succès depuis qu’ils ont décidé de développer leurs propres joueurs. Parmi les athlètes issus de leurs clubs-écoles, il y a Tim Lincecum, Buster Posey, Pablo Sandoval, Madison Baumgarner et Sergio Romo. Jolie brochette!

Derniers échos de la série

  • Les lanceurs des Giants ont été tellement dominants que les TIGERS ont terminé la série avec une moyenne collective de ,159.
  • PRINCE FIELDER va trouver l’hiver long. Il a été tout simplement affreux au bâton.
  • C’est la 21e fois qu’une équipe balaye les honneurs de la Série mondiale. Les YANKEES ont réussi le truc à huit reprises, dont cinq fois entre 1927 et 1939.
  • MIGUEL CABRERA a cogné un circuit de deux points dans le dernier match, mais il a lui aussi été menotté par les lanceurs des Giants. MICKEY MANTLE (1956), Frank Robinson (1966) et Carl Yastrzemski (1967) ont fait beaucoup mieux que lui après avoir gagné la Triple Couronne.
  • CLAYTON KERSHAW, as lanceur des Dodgers, s’est vu remettre le trophée ROBERTO CLEMENTE pour l’excellence de son jeu et son implication dans la communauté.
  • Les Giants ont tout balayé sans avoir recours à MELKY CABRERA. Ils ont choisi de le laisser de côté après sa suspension de 50 matchs pour dopage.
  • BUSTER POSEY et MIGUEL CABRERA se partagent le trophée HANK AARON pour l’ensemble de la saison. Le comité de sélection comprenait Aaron lui-même, JOE MORGAN, Tony Gwynn, Robin Yount et Paul Moltor.
  • MATT CAIN: «On a beaucoup parlé de la contribution de Marco Scutaro, mais il ne faudrait pas oublier un gars comme RYAN THERIOT. Il a été une inspiration constante dans l’abri des joueurs et dans le vestiaire».
  • BRUCE BOCHY est natif de la France. Il a été gérant des Padres de 1995 à 2006 et il dirige les Giants depuis la saison 2007.
  • Comme d’habitude, JOE BUCK et TIM McCARVER ont formé un duo du tonnerre au réseau FOX. En tant qu’ancien receveur, McCarver est un excellent analyste. RIEN ne lui échappe. Quant à Joe Buck, il est allé à la bonne école, celle de son père JACK, ancien descripteur des matchs des Cards de Saint-Louis.
  • TIM FLANNERY, instructeur des Giants au troisième coussin: «Nous attaquons sans cesse avec nos petits «slingshots».
  • Les YANKEES sont toujours bons premiers avec 27 victoires en Série mondiale. Les Cards en ont 11, les Athletics 9, les Giants et les Red Sox 7 chacun.