L’espoir renaît chez les amants du trot et amble

TROIS-RIVIÈRES— «Je n’aurais jamais cru voir cela après la mort des courses sous harnais à Montréal. Aujourd’hui, des gens de partout au Québec sont venus assister à la relance de notre sport. C’est vraiment emballant. Je dis chapeau à Tony Infilise, à Guy Corbeil et à tous ceux qui ont mis la main à la pâte. C’est un bon départ et je crois sincèrement qu’il y a de l’espoir pour notre industrie», disait Benoît Côté en participant au lancement de l’Hippodrome 3R, dimanche après-midi, dans la cité de Laviolette.

Il y avait sûrement entre 4000 et 5000 personnes pour cette grande première. Il faisait un temps magnifique et tout le monde semblait heureux d’entendre de nouveau le bruit des sabots. On se bousculait aux guichets pour parier sur son cheval préféré.

Talbot-Vadnais

Jean-Guy Talbot et Carol Vadnais ont participé au lancement de l’Hippodrome 3R, dimanche, à Trois-Rivières.Talbot (sept) et Vadnais (deux) ont gagné neuf bagues de la coupe Stanley.

«Cette foule imposante ne dépasse pas nos attentes, disait Guy Corbeil, vice-président du Club Jockey du Québec. Il y a cinq ans, cela aurait été impossible, mais les choses ont beaucoup changé depuis. J’ai toujours aimé l’hippodrome de Trois-Rivières. Il est situé en plein coeur du Québec. De plus, la ville est dynamique sous la gouverne du maire Yves Lévesque».

Corbeil tient à rendre hommage à son ami Jocelyn Faucher pour son implication dans l’hippodrome de Québec, l’an passé. «Ça nous a permis de garder nos licences et de rester en vie, précise-t-il. Nous aurons 10 programmes à Trois-Rivières cet automne, puis nous verrons la suite des choses».

Si le public embarque, on étudiera sérieusement la possibilité de construire un nouvel hippodrome dans la région de Montréal, probablement dans la couronne nord. Cela pourrait se faire d’ici deux ans.

Dans le paddock

  • JEAN-GUY TALBOT, qui a gagné sept coupes Stanley dans l’uniforme du Canadien, a profité du lancement de l’Hippodrome 3R pour renouer avec CAROL VADNAIS, ex-défenseur des Rangers et des Bruins. Jean-Guy a été propriétaire d’un cheval de course au début des années 1960 et il a visité la majorité des hippodromes des Etats-Unis avec JOHN FERGUSON, Jacques Beauchamp et quelques autres.
  • Le comédien MICHEL FORGET était parmi les spectateurs. Il y avait aussi RÉGIS LÉVESQUE, Alcide Sauvé, Yves Filion, Gaétan Lamy, Léo Tourigny, Charles Montelpare, Gilles Vachet et Guy Désautels.
  • Jusqu’à la fin octobre, il y aura des courses à Trois-Rivières le dimanche après-midi et le vendredi soir.
  • DOMENIC FAZIOLI, propriétaire du restaurant La Cantina, a fait le voyage en Mauricie avec ses amis RICKY ANDREOLI, Robert Pilon, Jon Besner et Sandro D’Annibale.
  • Il ne manquait que ROBERT AREL et GUY ÉMOND!

Lafleur: «Les amateurs sont pris en otage»

Guy Lafleur est persuadé que les joueurs et les propriétaires de la Ligue nationale ne trouveront pas un terrain d’entente d’ici au 15 septembre et que la saison de hockey ne commencera pas avant le mois de janvier.

Guy Lafleur

Guy Lafleur est persuadé qu’il n’y aura pas de hockey avant le mois de janvier dans la LNH. Il sympathise surtout avec les amateurs.

«Il n’y aura pas de hockey avant le mois de janvier, dit-il. Les joueurs sont gâtés et ils ne lâcheront pas facilement le morceau. C’est plate pour les amateurs. Ils sont pris en otage dans cette histoire. De plus, ça ne me surprendrait pas si on augmentait le prix des billets à la reprise des activités».

Lafleur, dont le salaire annuel n’a jamais dépassé les 500 000$, sera lui aussi victime de la situation si un lock-out est décrété par Gary Bettman car il est propriétaire d’un resto-bar pour les sportifs (Le Bleu Blanc Rouge) à Place Rosemère.

La LNH a généré des revenus de 3,3 milliards la saison dernière, mais elle ne parvient pas à s’entendre avec ses employés sur la répartition des profits. Il est fort, le dieu dollar!

Barack Obama: un orateur dans une classe à part

Dans notre vaste et beau pays, nous avons entendu de très grands tribuns, de Jean Lesage à Jean Charest en passant par les Réal Caouette, Jean Marchand, Pierre Trudeau, René Lévesque, Pierre Bourgault, Lucien Bouchard et j’en passe.

Le charisme est un don du ciel qui n’est pas donné à tout le monde. Il vient parfois avec le bon verbe et le pouvoir de rallier les foules.

De l’autre côté de la frontière, qui ne se souvient pas des discours enflammés de John F. Kennedy, Richard Nixon, Ronald Reagan ou Bill Clinton?

obama

Barack Obama a prononcé un discours extraordinaire, jeudi soir, à Charlotte. Rarement a-t-on vu un orateur aussi talentueux et aussi charismatique.

Si vous voulez mon avis, Barack Obama est meilleur orateur que tous ceux qui l’ont précédé à la Maison Blanche.

Le discours qu’il a servi à Charlotte jeudi soir était un bijou, une pièce d’anthologie. Il faut dire que son bras droit Joe Biden avait bien réchauffé la salle avec une longue tirade en faveur du président sortant et du parti démocrate.

Pendant que les délégués gagnés d’avance scandaient «Four more years» et «USA», Obama a dit ceci: «Vous m’avez élu à la présidence des Etats-Unis pour vous dire la vérité. La route ne sera pas facile, mais je garde la foi et je suis convaincu que nous allons dans la bonne direction. Je ferai tout en mon pouvoir pour aider la classe moyenne. Je ne prendrai pas aux pauvres pour en donner davantage aux riches. Je suis votre président et je sais tout ce que cela signifie. J’ai besoin de votre appui pour terminer le travail amorcé. Je n’ai jamais eu aussi confiance en l’Amérique même si des millions de personnes ont perdu leur emploi, leur maison et leurs épargnes. Tous ensemble, nous pouvons y arriver».

Obama a également lancé quelques flèches empoisonnées en direction de son rival Mitt Romney. C’était de bonne guerre. Sur les pancartes des délégués, on pouvait lire: «Ben Laden est mort et GM est en vie».

Dans l’ensemble, les mots du président étaient bien choisis et la manière de les dire était fascinante. Dieu sait si Obama sera réélu, mais une chose est certaine: il est un orateur absolument extraordinaire et il a gagné des millions de personnes à sa cause par le truchement de la télévision.

Souvenirs de la Série du siècle

Quarante ans, on dirait une éternité! D’autres vous diront que c’était hier.

Il y a 40 ans cette semaine, les meilleurs joueurs de la Ligue nationale affrontaient les étoiles de l’URSS dans ce qu’on a baptisé la Série du siècle.

Une série qui a soulevé les passions et changé la face du hockey à tout jamais.

Paul Henderson

Yvan Cournoyer saute dans les bras de Paul Henderson après que ce dernier eut marqué le but vainqueur dans le match décisif de la Série du siècle. Quarante ans plus tard, on en parle encore et on en parlera encore dans 50 ans.

Je n’ai pas vécu cette série comme je l’aurais souhaité pour la simple et bonne raison que j’étais alors sur la route avec les Expos de Gene Mauch. J’ai cependant beaucoup lu sur le sujet et j’en ai discuté souvent avec Yvan Cournoyer, Serge Savard, Marcel Dionne, Guy Lapointe, Rod Gilbert, Paul Henderson et quelques autres. Avec l’aide d’un interprète, j’ai aussi réalisé une longue entrevue avec le grand Alexander Yakushev, un gentilhomme à la Jean Béliveau.

Moins en forme que leurs rivaux, les Canadiens ont eu beaucoup de mal à se mettre en marche et il leur a fallu gagner les trois dernières parties sur la patinoire des Soviétiques pour enlever les honneurs, mais le grand vainqueur de la série a été le hockey en général.

Voici ce que je retiens de cette série historique:

  1. La défaite cinglante de 7-3 sur la patinoire du Forum de Montréal.
  2. L’absence de Bobby Orr (blessé), de Bobby Hull et de Jean-Claude Tremblay, ignorés pour avoir fait le saut dans la nouvelle Association mondiale.
  3. Le cri du coeur de Phil Esposito après le match à Vancouver.
  4. Le brio de Vladislav Tretiak devant son filet. Une véritable muraille.
  5. Le jeu solide de Serge Savard et de Guy Lapointe à la ligne bleue.
  6. Les frasques d’Alan Eagleson et de Pierre Plouffe.
  7. Le coup salaud de Bobby Clarke qui a fracturé la cheville de Valeri Kharlamov, meilleur joueur de l’URSS.
  8. La décision d’Yvan Cournoyer de rester sur la patinoire pour préparer le but gagnant de Paul Henderson.
  9. La guerre froide entre les capitalistes et les «méchants communistes».
  10. Les retrouvailles à Ottawa, 15 ans plus tard.