Les Kings sont à prendre très au sérieux

Ne riez plus de ceux qui ont choisi les Kings de Los Angeles pour gagner la coupe Stanley.

Après avoir éliminé les Canucks de Vancouver plutôt facilement, voici qu’ils sont en train de passer les Blues de Saint-Louis dans le tordeur.

Non seulement ont-ils gagné les deux premières parties à Saint-Louis, mais ils ont maintenant une fiche de 5-0 à l’étranger depuis le début des séries. C’est la marque d’une équipe championne que d’être capable de le triompher sur les patinoires étrangères.

Anze Kopitar

L'excellent Anze Kopitar a marqué deux buts dans la victoire des Kings à Saint-Louis, lundi soir. Les Kings mènent la série 2-0.

Le Lightning de Tampa Bay est la dernière équipe à avoir gagné ses cinq premiers matchs des séries à l’extérieur. C’est arrivé en 2004 et ils ont gagné la coupe Stanley quelques semaines plus tard.

Anze Kopitar, un joueur super talentueux, a été le héros du deuxième match à Saint-Louis avec une paire de buts en première période, dont un en désavantage numérique. Jeff Carter, un ancien des Flyers, a également fait mal aux Blues en portant la marque 3-0.

Les Kings ont deux grosses lignes d’attaque. Ils ne se gênent pas pour bousculer l’adversaire et ils jouent du hockey inspiré avec Dustin Brown comme capitaine et chef de file. Ils ont aussi un excellent gardien de but en Jonathan Quick. Ça va prendre une très bonne équipe pour les battre.

HUNTER-OVECHKIN

Dans l’autre série au programme lundi soir, un but d’Alex Ovechkin en avantage numérique a permis aux Capitals de Washington de remporter une importante victoire de 3-2 sur la patinoire des Rangers.

Ovechkin, qui a vu son temps de glace être réduit depuis que l’équipe est dirigée par Dale Hunter, a profité d’une punition infligée à Brad Richards pour niveler les chances dans la série.

«Oubliez mon temps de glace. Nous sommes ici tous ensemble pour battre les Rangers», a dit Ovechkin après la partie.

Une chose est certaine: l’ancien joueur des Nordiques mène sa barque comme il l’entend et les résultats parlent en sa faveur jusqu’à maintenant.

 

Souvenirs des séries: le Garden de Boston

Parmi mes plus beaux souvenirs de la coupe Stanley, il y a ces multiples affrontements entre le Canadien et les Bruins au vieux Garden de Boston.

La rivalité a toujours été féroce entre les deux clubs et l’ambiance qui régnait dans la «boîte d’allumettes» de la rue Causeway était pour ainsi dire indescriptible. Ceux qui ont vécu ces guerres-là ne pourront jamais les oublier.

Je vois encore Harry Sinden injurier les arbitres, Don Cherry grimper sur le banc des joueurs pour en faire autant et Nate Greenberg mâchouiller son gros cigare en se demandant ce qu’il fallait faire pour vaincre ces méchants Glorieux au moins une fois.

Greenberg était le relationniste des Bruins et un monsieur d’une extrême gentillesse. Chaque fois qu’il venait à Montréal, il allait manger un steak chez Moishe’s avec Tom Johnson et Harry Sinden. L’histoire ne dit pas ce qu’il faisait du reste de sa soirée.

Il y avait aussi Francis Rosa, un vieux journaliste fort sympathique qui était toujours content de revoir ses amis du Canada.

C’était l’époque où le Canadien gagnait plus souvent qu’à son tour, mais les Bruins avaient du coeur au ventre et lui donnaient du fil à retordre avec de dures mises en échec. Pour gagner à Boston, il fallait accepter d’en payer le prix.

Ken Dryden

C'est au Garden de Boston que le grand Ken Dryden est devenu un super héros, au printemps de 1971.

C’est dans cette vieille bâtisse que Ken Dryden, ex-étudiant à Cornell, est devenu un super héros au printemps de 1971. On aurait dit un nouveau Jacques Plante en plus gros et plus grand.

C’est aussi là que le Canadien a effectué une des plus belles remontées de l’histoire des séries, effaçant un déficit de quatre buts avant de l’emporter 7-5 contre Bobby Orr et les Big Bad Bruins. À sa dernière saison avec le Canadien, Jean Béliveau a pris les choses en mains ce soir-là avec le soutien des Jacques Lemaire, John Ferguson, Henri Richard et Frank Mahovlich.

C’est aussi au Garden de Boston que Guy Lafleur a étalé tout son talent malgré les menaces de John Wensink qui voulait lui arracher la tête.

Je me souviens également de Mario Tremblay qui jouait avec toute la fougue de ses 19 ans, d’Yvon Lambert qui se plantait les deux pieds devant Gerry Cheevers et de Claude Mouton qui utilisait tout son vocabulaire pour stimuler le jeune Stéphane Richer.

Dans le camp des Bruins, après l’ère Orr-Esposito, il y avait Jean Ratelle, un mini Jean Béliveau, Brad Park, un merveilleux passeur, et Wayne Cashman, un ailier gauche au courage indomptable.

Un soir, les Bruins se sont tués à l’ouvrage pour battre l’équipe de l’Armée Rouge, mais Vladislav Tretiak s’est dressé devant eux comme le mur de Chine. On aurait dit la réincarnation de Terry Sawchuk.

Bien sûr, c’est dans le vieux Garden que Pierre Bouchard a perdu son furieux combat contre Stan Jonathan. La bataille n’a duré qu’une vingtaine de secondes, mais on en parle encore 34 ou 35 ans plus tard. Comme si Butch ne s’était battu qu’une seule fois durant sa carrière…

Un jour, il a fallu détruire le Garden pour en bâtir un plus moderne avec des loges corporatives et tout le tralala, mais le temps n’efface pas les souvenirs. Ils sont incrustés à jamais dans notre mémoire.

Chapeau aux Sénateurs et à Martin Brodeur

Maintenant que les Sénateurs et les Canucks sont éliminés, il ne reste plus une seule équipe canadienne dans les séries de la coupe Stanley. On est loin de l’époque où le Canadien, les Oilers, les Flames ou même les Maple Leafs nous représentaient si dignement.

Les Sénateurs sont en vacances, mais ils peuvent marcher la tête haute. Ils ne devaient même pas participer à la danse printanière et ils ont poussé les Rangers à la limite. Chapeau!

Les protégés de Paul MacLean ont commis la grave erreur de perdre le sixième match sur la patinoire de Kanata. Ils avaient les Rangers dans les câbles et les ont laissé s’échapper. Ils ont cependant refusé de se laisser abattre par cette défaite crève-coeur. Ils se sont présentés à New York optimistes et ils ont lutté avec l’énergie du désespoir, mais l’excellent Henrik Lundqvist leur a fermé la porte au nez.

Daniel Alfredsson

Daniel Alfredsson a-t-il disputé son dernier match avec les Sénateurs d'Ottawa? Il aura 40 ans l'hiver prochain.

Daniel Alfredsson, de loin le meilleur joueur de l’histoire des Sénateurs, a-t-il disputé son dernier match? Il aura 40 ans l’hiver prochain. Il n’est jamais facile de tourner la page et de laisser quelques millions sur la table avant de rentrer à la maison.

En tout cas, les Sénateurs ont une perle rare entre les mains en la personne d’Erik Karlsson, un défenseur qui fêtera ses 22 ans à la fin du mois de mai.

Dans l’autre match numéro 7, Martin Brodeur a dû bloquer 43 rondelles pour avoir le meilleur sur José Théodore et les surprenants Panthers de la Floride. Pas si mal pour un gardien de but qui fêtera ses 40 ans la semaine prochaine! C’est la recrue Adam Henrique qui a marqué le but gagnant en deuxième prolongation.

Il s’agit d’une défaite cruelle pour les Panthers, mais Kevin Dineen et Dale Tallon ont de quoi être fiers du travail qu’ils ont accompli au cours des derniers mois. Les gens du sud de la Floride ont enfin une bonne équipe de hockey.

À noter qu’il y a eu 16 matchs en prolongation en première ronde. Cette nouvelle marque témoigne de la parité qui existe maintenant dans le circuit Bettman.

LA DEUXIÈME RONDE

On connaît maintenant les équipes qui s’affronteront au deuxième tour. Disons que le scénario n’avait pas été planifié de cette façon.

La série Rangers-Washington devrait donner lieu à un duel de gardiens entre Lundqvist et le jeune Braden Holtby. Les Capitals ont réussi à battre les champions en titre et ils ne se laisseront sûrement pas intimider par la troupe de John Tortorella. Ça va jouer dur le long des rampes.

Après avoir liquidé Sidney Crosby et les Penguins, les Flyers sont largement favoris pour atteindre les demi-finales, d’autant qu’ils ont souvent eu du succès contre New Jersey. Il faudra que Martin Brodeur soit à son mieux pour prolonger la série. Son vis-à-vis Ilya Bryzgalov est comme une boîte à surprises.

Dans l’Ouest, les Predators de Nashville ont une longueur d’avance sur les Coyotes de Phoenix, mais si le grand Mike Smith joue aussi bien qu’il l’a fait contre Chicago, la série sera longue.

Pour ce qui est de la série entre les Kings et les Blues, difficile de prédire un gagnant. Les Kings ont plus de talent en attaque et Jonathan Quick vaut bien Elliott ou Halak. Toutefois, les Blues ne cessent de nous surprendre depuis le mois de novembre. J’y reviendrai dans une prochaine chronique.

Le tour de force de Dale Hunter

Trente ans après avoir éliminé le Canadien sur la patinoire du Forum, Dale Hunter a réussi un autre tour de force impressionnant derrière le banc des Capitals de Washington.

L’ex-joueur de centre des Nordiques a non seulement convaincu ses joueurs de pratiquer un style de jeu plus hermétique, mais ils ont si bien saisi le message qu’ils ont éliminé les champions en titre devant une foule médusée au TD Garden de Boston.

Dale Hunter

Dale Hunter a réussi tout un exploit en menant les Capitals à la victoire contre les champions de la coupe Stanley. C'est un but de Joel Ward qui a fait la différence en prolongation.

Comme c’est souvent le cas en prolongation, c’est un joueur inconnu (Joel Ward) qui a inscrit le but de la victoire sur un retour de lancer de Mike Knuble. C’est toutefois le brio du jeune gardien de but Braden Holtby qui a fait la différence dans la série.

En battant les Bruins dans un septième match à Boston, le gardien recrue a répété l’exploit de Ken Dryden en 1971.

Il faut également souligner le travail à la ligne bleue du duo formé de Roman Hamrlik (un ancien du Canadien) et de Mike Green, un joueur nettement plus responsable en défense. Les deux hommes ont repoussé de nombreuses attaques des Bostonnais qui ont été limités à deux petits buts en 23 avantages numériques.

Grande vedette des Capitals, Alexander Ovechkin a été utilisé moins souvent que d’habitude dans cette série, mais il a contribué aux succès de l’équipe en multipliant les coups d’épaule à gauche et à droite. Il a fait preuve de beaucoup de cran en s’attaquant souvent au gros Zdeno Chara.

À noter que les sept matchs de la série Boston-Washington ont été gagnés par la marge d’un seul but. Il s’agit d’une première dans les séries de la coupe Stanley.

Les surprises sont souvent nombreuses en première ronde. C’est encore plus vrai cette année. Avant les Bruins, on a vu tomber les Canucks, les Red Wings, les Blackhawks et les Penguins.

Il pourrait y avoir d’autres surprises jeudi soir lorsque les Rangers, premiers en saison régulière, recevront la visite des Sénateurs d’Ottawa et que les surprenants Panthers de la Floride accueilleront les Devils du New Jersey à Sunrise.

Il faut le voir pour le croire!