Saint Carey, priez pour nous!

BOYNTON BEACH— «Carey, c’est Carey. C’est aussi simple que ça. Il fait les arrêts-clés. Il est notre leader», a répété Michel Therrien après avoir vu Carey Price blanchir les Sharks 2-0 et remporter sa 40e victoire de la saison.

Le surdoué de la Colombie-Britannique rejoint ainsi Jacques Plante et Ken Dryden dans le club des 40 victoires. Il connaît une saison tout à fait exceptionnelle. En plus de mener la ligue pour les victoires, il affiche la meilleure moyenne de buts alloués (1,86) et d’efficacité (,938). Si ça n’en fait pas un sérieux candidat au trophée Hart, il y a un problème quelque part!

Carey Price connaît une saison tout à fait exceptionnelle. Très sérieux candidat au trophée Hart.

Carey Price connaît une saison tout à fait exceptionnelle. Très sérieux candidat au trophée Hart.

«Carey est tout simplement le meilleur. Si nous sommes là où nous sommes, c’est grâce à lui. Qu’est-ce que je pourrais dire de plus», a ajouté Tomas Plekanec.

Price mérite toutes les fleurs qu’on lui lance. Il réalise cependant qu’il sera jugé selon son rendement dans les séries de championnat. C’est comme ça que ça marche dans le sport professionnel.

Ailleurs dans la LNH

  • KYLE TURRIS a marqué deux fois les les Sénateurs ont remporté une 6e victoire d’affilée, battant les pauvres Maple Leafs 5-3 à Ottawa. La tenue des SÉNATEURS depuis un mois ou deux est renversante.
  • À Miami, les PANTHERS ont eu raison des Bruins 2-1 en tirs de barrage. C’est BRANDON PIRRI qui a inscrit le but gagnant. La lutte pour le 8e rang sera enlevante jusqu’à la fin dans l’Est. C’est bon pour le spectacle.
  • Les CANUCKS ont joué un vilain tour aux Kings en allant les battre 4-1 sur leur patinoire. Des buts sans riposte de Radim Vrbata, Daniel Sedin et Bo Horvath en troisième période. DARRYL SUTTER, super coach des Kings, a-t-il du mal à s’endormir?
  • ZACH PARISE a marqué son 28e dans la victoire de 6-3 du Wild contre les Blues.
  • RENÉ BOURQUE (vous vous rappelez de lui?) a donné un gain de 3-2 aux Blue Jackets à Calgary. Il a marqué en prolongation contre son ancien club.
  • Article suivant: RÉFLEXIONS DOMINICALES. À plus!

Le Rocket n’était pas un ange, mais…

L’émeute de 1955: déjà 60 ans

FORT LAUDERDALE— Il n’y a pas si longtemps, il me semble, on faisait grand état du 50e anniversaire de l’émeute de Maurice Richard, le 17 mars 1955. Un demi-siècle!

Je me souviens très bien d’avoir téléphoné à quelques anciens coéquipiers du Rocket pour obtenir leur version des faits. Bien sûr, ils ont tous pris la défense du plus féroce compétiteur à avoir endossé le chandail bleu blanc rouge. Ils n’allaient quand même pas donner raison au «méchant» Clarence Campbell!

Ce matin, il faut ajouter 10 ans de plus et parler du 60e anniversaire d’un événement qui a soulevé tout un peuple et contribué indirectement à la naissance de la Révolution tranquille.

Maurice Richard et Jean Béliveau ont mené le Canadien à cinq conquêtes consécutives de la coupe Stanley après la fameuse émeute du 17 mars 1955.

Maurice Richard et Jean Béliveau ont mené le Canadien à cinq conquêtes consécutives de la coupe Stanley après la fameuse émeute du printemps 1955.

Maurice Richard n’était pas un ange. Il était fait tout d’un bloc et il avait du caractère à revendre. Il n’était pas «reposant» pour ceux qui tentaient de lui compliquer la vie.

Meilleur buteur de la ligue à six équipes, pourchassé sans relâche par les matamores de l’équipe rivale, il pouvait compter sur le support de son ami et capitaine Butch Bouchard, mais il était parfaitement capable de jeter les gants et de se défendre lui-même. On parle encore de ses victoires aux poings contre Bill Juzda, Ted Lindsay, Bill Ezinicki et quelques autres. En plus d’être champion du monde entre la ligne bleue et le filet adverse, Maurice était champion boxeur!

Au mois de mars 1955, le Rocket a perdu le contrôle de ses émotions lors d’un match présenté au Garden de Boston. Après avoir été frappé à la tête par le bâton d’Hal Laycoe, il a vu rouge. Le juge de lignes Cliff Thompson s’est interposé et il a retenu le numéro 9 pendant que Laycoe continuait de lui taper dessus. Pour pouvoir se défendre, Maurice a frappé l’officiel et il a été chassé du match par l’arbitre Frank Udvari. C’est du moins la version officielle.

Le dossier s’est retrouvé sur le bureau du président Clarence Campbell, dans l’édifice de la Sun Life à Montréal. On soupçonne encore Campbell d’avoir été influencé par les autres dirigeants de la ligue avant de suspendre Richard pour le reste de la saison régulière (trois parties) et les séries éliminatoires. Il n’en fallait pas davantage pour soulever la colère du peuple canadien-français.

Quel culot!

Le 17 mars, jour de la Saint-Patrick, Campbell a eu le culot de prendre place dans les gradins avec sa secrétaire pour assister au match entre le Canadien et les Red Wings. Les visiteurs menaient par le pointage de 4 à 1 lorsqu’une bombe artisanale a éclaté dans le vieux Forum, forçant l’évacuation des lieux et la fin du match (concédé aux Red Wings).

Quelques minutes plus tard, l’émeute a éclaté sur la rue Sainte-Catherine et les policiers ont eu toutes les misères du monde à contenir la foule. Beaucoup de vitrines ont été fracassées. Vous avez sans doute vu et revu les images à la télévision. Jamais un joueur de hockey n’avait causé un tel émoi dans la population. Le lendemain, le Rocket a dû aller à la radio pour tenter de calmer sa légion d’admirateurs.

«J’ai toujours pensé que la sanction était trop sévère et que Maurice ne méritait pas de rater les séries éliminatoires, m’a déjà dit Butch Bouchard au salon des Anciens. Si Maurice avait participé aux séries, nous aurions gagné la coupe Stanley».

Cette année-là, le Canadien a perdu le septième match de la finale contre Détroit. S’il avait gagné, cela aurait été l’amorce de six conquêtes de la coupe Stanley.

Bernard Geoffrion, Dieu ait son âme, s’est retrouvé bien malgré lui au coeur de la tempête. Les trois derniers matchs du calendrier lui ont permis de devancer le Rocket et d’enlever son premier trophée Art Ross. De nombreux partisans lui en ont tellement voulu qu’ils l’ont hué copieusement en plein Forum.

Bien sûr, le Boomer ne pouvait pas lancer à côté de la cible pour faire plaisir à la foule. Maurice était son idole, mais il devait aussi penser à l’équipe. Il a eu beaucoup de mal à digérer cet épisode de sa carrière.

Maurice et Gordie

On pourrait parler de l’émeute encore longtemps. Pour clore, je reviendrai sur les commentaires de l’ancien arbitre Red Storey lors d’un voyage dans l’Ouest canadien.

«Maurice Richard était l’idole du Québec parce qu’il était un joueur très particulier, m’avait-il dit. Entre la ligne bleue et le filet adverse, personne n’arrivait à sa cheville. Le Rocket avait le don de faire courir les foules partout à travers la ligue, beaucoup plus que Gordie Howe qui était pourtant un joueur plus complet. Avec Maurice, tu en avais toujours pour ton argent».

Durant les années 1950, Richard était l’idole de sa province et Howe celle du Canada anglais. Ils étaient des ennemis jurés dans le feu de l’action, mais se vouaient un respect mutuel. Avec son impressionnante feuille de route et ses nombreux records (par la suite battus par Wayne Gretzky), Howe a mérité le sobriquet de Monsieur Hockey. Pour ce qui est Richard, il suffit de penser à l’ovation qu’il a reçue lors de la fermeture de l’ancien Forum pour comprendre l’impact qu’il a eu sur son sport et sur ses compatriotes.

P.S. Zéro en quatre contre TAMPA BAY. Non, c’est pas fort! Et ce ne sera pas plus facile à MIAMI, ce soir. Les Panthers luttent avec l’énergie du désespoir pour se tailler une place dans les séries.

 

 

Le CH chez les Newfies + Échos de la LNH

BOYNTON BEACH—- Comme le voulait la rumeur, le club-école du Canadien quittera Hamilton pour s’installer à Saint.John’s, Terre-Neuve, dès l’automne prochain. L’équipe s’appellera les IceCaps.

Les espoirs du CH faisaient leurs classes dans la ville des Tiger-Cats depuis 2002. Parmi eux, il y a eu Carey Price, Max Pacioretty, Brendan Gallagher, P.K. Subban, Tomas Plekanec, David Desharnais et Nathan Beaulieu.

À ce que je sache, Terre-Neuve est un très bon marché de hockey et le Canadien y compte de nombreux partisans. La question est de savoir si le club-école du Canadien y restera longtemps ou s’il mettra les voiles pour Laval à la fin de son contrat de deux ans.

À mon humble avis, le hockey de la Ligue américaine ne pourrait pas remporter un éclatant succès à Laval, même dans un nouvel amphithéâtre de 200 millions. Trop proche du Centre Bell!

Dans la LNH

  • Défaite gênante du Canadien contre les SÉNATEURS, jeudi soir, après avoir pris une avance de deux buts au premier tiers. Cinq revers en six parties pour la troupe de MICHEL THERRIEN. Juste une mauvaise passe?
  • JONATHAN HUBERDEAU forme le trio de l’heure à Miami avec ALEKSANDER BARKOV et le vieux JAROMIR JAGR. Les Panthers ont encore espoir de participer aux séries.

    Ken Hitchcock, des Blues, joint le club des 700 victoires. Ceux qui le devancent ont tous commencé leur carrière à Saint-Louis!

    Ken Hitchcock, des Blues, joint le club des 700 victoires. Ceux qui le devancent ont tous commencé leur carrière à Saint-Louis!

  • Les BRUINS ont le numéro du Lightning. Ils ont gagné en tirs de barrage grâce à PATRICE BERGERON et BRAD MARCHAND. Il faut préciser que l’équipe de Tampa est privée de trois de ses meilleurs éléments. Quatre victoires de suite pour l’équipe de CLAUDE JULIEN.
  • Les BLUES ont blanchi les Flyers en tirs de barrage grâce à Oshie et Tarasenko. Ils ont ainsi donné à KEN HITCHCOCK sa 700e victoire dans la LNH. Il n’est devancé que par SCOTTY BOWMAN (1244), Alger Arbour (782) et Joel Quenneville (746). À noter que Bowman, Arbour et Quenneville ont tous fait leurs débuts à SAINT-LOUIS.
  • Les KINGS ont blanchi Vancouver 4-0 pour rejoindre Calgary en 7e place.
  • Les RED WINGS se sont fait surprendre par les Blue Jackets. CAM ATKINSON a marqué un but à la Bobby Hull pour Columbus.
  • Le vieux JAROME IGINLA a donné la victoire à l’Avalanche en tirs de barrage contre New Jersey.
  • Un seul petit point sépare les RANGERS, le Canadien, Tampa Bay et les Islanders.

Curieuse transaction

WINCHESTER, Virginie— En mettant les pieds en Virginie, après 12 heures de route, j’apprends que le Canadien a échangé Jiri Sekac aux Mighty Ducks en retour de Devante Smith-Pelly, un parfait inconnu pour la majorité des amateurs de hockey.

Marc Bergevin doit savoir des choses qu'on ne sait pas.

Marc Bergevin doit savoir des choses qu’on ne sait pas.

Cette transaction est franchement étonnante. Je pensais que Sekac avait un très bel avenir avec le Bleu-Blanc-Rouge. Paraît-il que Smith-Pelly, un gars de Mississauga, est parfaitement capable de «jouer physique» et de foncer au filet. Les prochaines semaines nous diront ce qu’il a dans le ventre.

D’autre part, Marc Bergevin ne fait aucune promesse pour la suite des choses. Il veut améliorer son équipe, mais ça dépend toujours du «prix à payer». J’aime beaucoup son style de gestion. Il agit et ne parle pas pour rien dire!

Réveil de Galchenyuk

Alex Galchenyuk a connu son meilleur match depuis son tour du chapeau contre les Hurricanes à la mi décembre et le Canadien a surpris les Blues 5-2 sur leur patinoire. Un grosse victoire pour la troupe de Michel Therrien.

En remportant un 9e gain de suite sur la route, Carey Price a fait sauter un record d’équipe appartenant à Rogatien Vachon depuis 1969!

La fiche du Canadien à l’étranger (19-9-1) est la meilleure de toute la ligue et il a réussi cela en marquant 71 buts en 29 parties…

Ailleurs dans la LNH: Les KINGS ont blanchi Détroit 1-0 grâce au 16e but de JUSTIN WILLIAMS… Les FLYERS, qui se battent pour une place en séries, ont été battus 4-1 à Raleigh… BENOÎT POULIOT a donné la victoire aux pauvres Oilers contre Minnesota… JONATHAN TOEWS et son ami PATRICK SHARP ont marqué en tirs de barrage et les Blackhawks ont eu raison des Panthers 3-2.

A-Rod fait jaser

Si je vous parlais un peu de baseball avant de reprendre la route.

Les Yankees ont connu tellement d’ennuis la saison dernière qu’ils ont du mal à vendre leurs billets pour les matchs pré-saison à Tampa, mais ça pourrait changer avec l’entrée en scène d’Alex Rodriguez.

A-Rod s’est présenté au camp d’entraînement avant-hier et il a attiré une vingtaine de journalistes, soit deux fois plus que le gérant Joe Girardi. C’est amusant parce que Rodriguez est plus ou moins bienvenu chez les Yankees après leur avoir causé toutes sortes de problèmes durant les deux dernières années. Malgré son statut de joueur vedette, on ne lui avait même pas réservé une place de stationnement près du stade.

L’athlète de 39 ans est le premier à dire qu’il a causé des ennuis à bien du monde, y compris le syndicat des joueurs et l’ancien commissaire Bud Selig. Il ajoute qu’il est très chanceux d’avoir l’occasion de se racheter aux yeux des amateurs et de ses coéquipiers. La question est de savoir s’il est vraiment repentant.

Serait-il au camp des Yankees s’il n’était pas sous contrat pour trois autres saisons à raison de 20M$ par année? En tout cas, il a beaucoup de pression sur les épaules et il devra trimer dur pour prouver à ses patrons qu’il peut encore sa place au sein de l’équipe.

Enfin, il faut souligner une autre folie des Red Sox qui ont décidé de  verser un boni de signature de 31,5M$ au Cubain Yoan Moncada. Il a besoin d’être bon!

À plus…