Sunrise, P.Q.

BOYNTON BEACH, Floride— Par un curieux concours de circonstances, je me suis retrouvé au Centre BB&T de Sunrise pour assister au match Canadien-Panthers, mardi soir.

J’ai fait l’excursion avec mon ami Robert Dubuc, de Mercier, sa belle Marjolaine, et un groupe de Québécois qui passent l’hiver au parc AZTEC de Margate. Il s’agit d’un vaste complexe de véhicules récréatifs qui a été créé et developpé par Jean-Guy Sylvain, un visionnaire de la région de Québec. Un complexe «cinq étoiles» occupé à 95% par des Québécois pure laine. Si ça vous intéresse, sur les 645 lots disponibles, il en reste environ 300 à vendre.

Dale Tallon a pour mission de rendre le hockey populaire dans la région de Miami. Il pose ici avec Gilles Laperrière, son vieux copain de Rouyn-Noranda.

Dale Tallon a pour mission de rendre le hockey populaire dans la région de Miami. Il pose ici avec Gilles Laperrière, son vieux copain de Rouyn-Noranda.

Ceux et celles que j’ai croisés semblent enchantés de passer les longs mois d’hiver dans un parc ensoleillé où tout le monde se connaît et s’entraide. C’est notamment le cas de Claudette et de Michel Lemire, champions du sirop d’érable au lac Kanasuta.

Chose certaine, c’est un «mode de vie» très différent. Je ne me vois pas partir pour la Floride au volant d’un de ces mastodontes aussi longs qu’un autobus Voyageur. Et je ne crois pas que je pourrais passer cinq mois là-dedans avec Darling. Le voyage de retour risquerait d’être interminable!

Toujours est-il que le Sorelois Pierre Cournoyer, au volant de son bolide, nous a conduits à l’aréna des Panthers sur l’heure du souper. Il faisait une chaleur écrasante, tellement que je me demandais ce que je faisais là. Est-ce qu’on va voir une partie de hockey lorsque le mercure indique 31 degrés Celsius? Même si le Canadien est le club visiteur…

Go Habs Go!

C’était la première fois depuis très longtemps que je faisais la ligne avant d’entrer dans un aréna. En fait, je trouvais ça plutôt amusant. Un vieux journaliste déguisé en simple spectateur!

La partie comme telle n’avait pas tellement d’importance, sauf pour les Panthers qui se débattent comme des diables dans l’eau bénite pour mériter une place dans les séries.

Carey Price n’était pas entre les poteaux, Roberto Luongo non plus, et c’est finalement Dustin Tokarski qui a mérité la première étoile en bloquant une quarantaine de rondelles, dont 21 en troisième période.

Le plus beau jeu de la soirée a été le but de Jacob De la Rose sur une passe précise de Brandon Prust.

Quoi d’autre à retenir? Des centaines de chandails aux couleurs du Canadien, des milliers de gens qui parlent français, une foule divisée en deux et une atmosphère de fête. Curieusement, il faisait plus chaud à l’extérieur de la bâtisse.

Est-ce que le hockey a un avenir en Floride? Les Panthers ont des joueurs prometteurs (Barkov, Ekblad, Huberdeau, Bjustad), un bon coach et un excellent directeur général. De plus, il est assuré que Gary Bettman va faire tout en son possible pour que sa ligue conserve le marché de Miami. Time will tell!

Java du jeudi

  • Entre deux périodes, j’ai fait un brin de jasette avec CLAUDE LAROSE, ancien ailier droit du Canadien. Rosie est à la retraite depuis trois ans après avoir été longtemps recruteur pour les Hurricanes de la Caroline. À la mains droite, il porte fièrement sa bague de la coupe Stanley de 2006. Encore solide à 73 ans, il joue régulièrement au golf au club INDIAN SPRING de Boynton Beach.
  • SCOTT DARLING, un colosse de six pieds six pouces, 230 livres, a réussi son premier blanchissage dans la Ligue nationale et les BLACKHAWKS ont battu les Rangers 1-0 au Madison Square Garden. BRAD RICHARDS a inscrit le seul but de la rencontre contre son ancienne équipe. Jusqu’ici, les Blackhawks se défendent très bien en l’absence de PATRICK KANE.
  • À Anaheim, RYAN KESLER a tranché en prolongation dans la victoire des DUCKS contre les Kings de Los Angeles. C’était son 18e de la saison.
  • Les BRUINS sont à Ottawa jeudi soir. Ils ont seulement quatre points d’avance sur les SÉNATEURS et devront trouver une façon de percer la muraille du surprenant ANDREW HAMMOND (fiche de 11-0-1). Un gros match en perspective.
  • BUBBA WATSON s’est retiré du tournoi invitation ARNOLD PALMER suite au décès d’un ami d’enfance.

    Rory McIlroy participe pour la première fois au tournoi Arnold Palmer à Bay Hill. Il jouera les deux premières rondes avec Jason Day et Rickie Fowler.

    Rory McIlroy participe pour la première fois au tournoi Arnold Palmer à Bay Hill. Il jouera les deux premières rondes avec Jason Day et Rickie Fowler.

  • RORY McILROY participe au tournoi pour la première fois. Il espère bien jouer et se préparer adéquatement en vue du prochain tournoi des Maîtres. La semaine prochaine, il visitera le club Augusta National avec son papa. Il jouera aussi une ronde à SEMINOLE, un des clubs les plus sélects aux Etats-Unis. C’était jadis le terrain de jeu d’AL CAPONE.
  • SAM SAUNDERS, petit-fils de Palmer, est parmi les inscrits à BAY HILL. Ça serait amusant de le voir parmi les finalistes, dimanche après-midi.
  • ARNOLD PALMER (85 ans) se remet d’une dislocation de l’épaule droite. Il suit des traitements et il est confiant de pouvoir frapper la première balle avant le début du Masters.
  • Les Titans de TEMISCAMING ont atteint la finale de la Ligue Greater Metro (Ontario). Leurs prochains adversaires seront les Huskies de SÉGUIN.

Le mot d’humour

Sacha Guitry: «Les hommes ont ce qu’ils méritent. Les autres sont célibataires».

 

 

 

 

Le Rocket n’était pas un ange, mais…

L’émeute de 1955: déjà 60 ans

FORT LAUDERDALE— Il n’y a pas si longtemps, il me semble, on faisait grand état du 50e anniversaire de l’émeute de Maurice Richard, le 17 mars 1955. Un demi-siècle!

Je me souviens très bien d’avoir téléphoné à quelques anciens coéquipiers du Rocket pour obtenir leur version des faits. Bien sûr, ils ont tous pris la défense du plus féroce compétiteur à avoir endossé le chandail bleu blanc rouge. Ils n’allaient quand même pas donner raison au «méchant» Clarence Campbell!

Ce matin, il faut ajouter 10 ans de plus et parler du 60e anniversaire d’un événement qui a soulevé tout un peuple et contribué indirectement à la naissance de la Révolution tranquille.

Maurice Richard et Jean Béliveau ont mené le Canadien à cinq conquêtes consécutives de la coupe Stanley après la fameuse émeute du 17 mars 1955.

Maurice Richard et Jean Béliveau ont mené le Canadien à cinq conquêtes consécutives de la coupe Stanley après la fameuse émeute du printemps 1955.

Maurice Richard n’était pas un ange. Il était fait tout d’un bloc et il avait du caractère à revendre. Il n’était pas «reposant» pour ceux qui tentaient de lui compliquer la vie.

Meilleur buteur de la ligue à six équipes, pourchassé sans relâche par les matamores de l’équipe rivale, il pouvait compter sur le support de son ami et capitaine Butch Bouchard, mais il était parfaitement capable de jeter les gants et de se défendre lui-même. On parle encore de ses victoires aux poings contre Bill Juzda, Ted Lindsay, Bill Ezinicki et quelques autres. En plus d’être champion du monde entre la ligne bleue et le filet adverse, Maurice était champion boxeur!

Au mois de mars 1955, le Rocket a perdu le contrôle de ses émotions lors d’un match présenté au Garden de Boston. Après avoir été frappé à la tête par le bâton d’Hal Laycoe, il a vu rouge. Le juge de lignes Cliff Thompson s’est interposé et il a retenu le numéro 9 pendant que Laycoe continuait de lui taper dessus. Pour pouvoir se défendre, Maurice a frappé l’officiel et il a été chassé du match par l’arbitre Frank Udvari. C’est du moins la version officielle.

Le dossier s’est retrouvé sur le bureau du président Clarence Campbell, dans l’édifice de la Sun Life à Montréal. On soupçonne encore Campbell d’avoir été influencé par les autres dirigeants de la ligue avant de suspendre Richard pour le reste de la saison régulière (trois parties) et les séries éliminatoires. Il n’en fallait pas davantage pour soulever la colère du peuple canadien-français.

Quel culot!

Le 17 mars, jour de la Saint-Patrick, Campbell a eu le culot de prendre place dans les gradins avec sa secrétaire pour assister au match entre le Canadien et les Red Wings. Les visiteurs menaient par le pointage de 4 à 1 lorsqu’une bombe artisanale a éclaté dans le vieux Forum, forçant l’évacuation des lieux et la fin du match (concédé aux Red Wings).

Quelques minutes plus tard, l’émeute a éclaté sur la rue Sainte-Catherine et les policiers ont eu toutes les misères du monde à contenir la foule. Beaucoup de vitrines ont été fracassées. Vous avez sans doute vu et revu les images à la télévision. Jamais un joueur de hockey n’avait causé un tel émoi dans la population. Le lendemain, le Rocket a dû aller à la radio pour tenter de calmer sa légion d’admirateurs.

«J’ai toujours pensé que la sanction était trop sévère et que Maurice ne méritait pas de rater les séries éliminatoires, m’a déjà dit Butch Bouchard au salon des Anciens. Si Maurice avait participé aux séries, nous aurions gagné la coupe Stanley».

Cette année-là, le Canadien a perdu le septième match de la finale contre Détroit. S’il avait gagné, cela aurait été l’amorce de six conquêtes de la coupe Stanley.

Bernard Geoffrion, Dieu ait son âme, s’est retrouvé bien malgré lui au coeur de la tempête. Les trois derniers matchs du calendrier lui ont permis de devancer le Rocket et d’enlever son premier trophée Art Ross. De nombreux partisans lui en ont tellement voulu qu’ils l’ont hué copieusement en plein Forum.

Bien sûr, le Boomer ne pouvait pas lancer à côté de la cible pour faire plaisir à la foule. Maurice était son idole, mais il devait aussi penser à l’équipe. Il a eu beaucoup de mal à digérer cet épisode de sa carrière.

Maurice et Gordie

On pourrait parler de l’émeute encore longtemps. Pour clore, je reviendrai sur les commentaires de l’ancien arbitre Red Storey lors d’un voyage dans l’Ouest canadien.

«Maurice Richard était l’idole du Québec parce qu’il était un joueur très particulier, m’avait-il dit. Entre la ligne bleue et le filet adverse, personne n’arrivait à sa cheville. Le Rocket avait le don de faire courir les foules partout à travers la ligue, beaucoup plus que Gordie Howe qui était pourtant un joueur plus complet. Avec Maurice, tu en avais toujours pour ton argent».

Durant les années 1950, Richard était l’idole de sa province et Howe celle du Canada anglais. Ils étaient des ennemis jurés dans le feu de l’action, mais se vouaient un respect mutuel. Avec son impressionnante feuille de route et ses nombreux records (par la suite battus par Wayne Gretzky), Howe a mérité le sobriquet de Monsieur Hockey. Pour ce qui est Richard, il suffit de penser à l’ovation qu’il a reçue lors de la fermeture de l’ancien Forum pour comprendre l’impact qu’il a eu sur son sport et sur ses compatriotes.

P.S. Zéro en quatre contre TAMPA BAY. Non, c’est pas fort! Et ce ne sera pas plus facile à MIAMI, ce soir. Les Panthers luttent avec l’énergie du désespoir pour se tailler une place dans les séries.

 

 

Pascal: prévisible

BOYNTON BEACH— Non, je n’ai pas pu voir le combat entre Jean Pascal et Sergey Kovalev, mais le résultat ne me surprend pas du tout.

Le boxeur russe était largement favori pour l’emporter et il a fait montre de son talent en déclassant le «fanfaron de Laval» avant de lui passer le K.-O au 8e round. Il conserve ainsi ses trois ceintures des mi-lourds.

Jean Pascal: une défaite prévisible, mais dure à avaler.

Jean Pascal: une défaite prévisible, mais dure à avaler.

C’est un des problèmes de la boxe de nos jours: trop de ceintures!

Jean Pascal n’est pas un vilain garçon, mais il est surtout fort en gueule. Il a souvent le don de se mettre un pied dans la bouche. Par contre, il faut admirer tous les efforts qu’il a mis pour se rendre aussi loin dans un sport qui ne pardonne pas. Contre Kovalev, il a tout donné, mais ça n’a pas été suffisant.

Au Québec, on a la fâcheuse habitude de nous faire croire que la plupart de nos boxeurs sont des champions du monde. Ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas bons, mais…

Encore Price

  • Le CANADIEN a quitté Long Island avec une victoire de 3-1 grâce à CAREY PRICE qui a bloqué 35 rondelles en route vers sa 38e victoire de la campagne. Il ne lui en manque que quatre pour égaler la marque d’équipe. TOMAS PLEKANEC a atteint le plateau des 20 buts pour la septième fois de sa carrière. Le CH jouera son prochain match à Tampa.
  • MARTIN SAINT-LOUIS a marqué son 20e but de la saison dans un gain de 2-0 à Buffalo.
  • Les BLACKHAWKS se préparent pour la danse printanière. Ils ont «planté» les Sharks 6-2 à San Jose. Deux buts pour PATRICK SHARP.
  • Les PANTHERS ne lâchent pas même s’ils auront beaucoup de mal à rattraper les Bruins. Les SÉNATEURS risquent aussi de manquer de temps.
  • 25e but de MIKE CAMMALLERI dans un gain de 4-1 des Devils en Arizona.
  • Bon dimanche!

Le CH chez les Newfies + Échos de la LNH

BOYNTON BEACH—- Comme le voulait la rumeur, le club-école du Canadien quittera Hamilton pour s’installer à Saint.John’s, Terre-Neuve, dès l’automne prochain. L’équipe s’appellera les IceCaps.

Les espoirs du CH faisaient leurs classes dans la ville des Tiger-Cats depuis 2002. Parmi eux, il y a eu Carey Price, Max Pacioretty, Brendan Gallagher, P.K. Subban, Tomas Plekanec, David Desharnais et Nathan Beaulieu.

À ce que je sache, Terre-Neuve est un très bon marché de hockey et le Canadien y compte de nombreux partisans. La question est de savoir si le club-école du Canadien y restera longtemps ou s’il mettra les voiles pour Laval à la fin de son contrat de deux ans.

À mon humble avis, le hockey de la Ligue américaine ne pourrait pas remporter un éclatant succès à Laval, même dans un nouvel amphithéâtre de 200 millions. Trop proche du Centre Bell!

Dans la LNH

  • Défaite gênante du Canadien contre les SÉNATEURS, jeudi soir, après avoir pris une avance de deux buts au premier tiers. Cinq revers en six parties pour la troupe de MICHEL THERRIEN. Juste une mauvaise passe?
  • JONATHAN HUBERDEAU forme le trio de l’heure à Miami avec ALEKSANDER BARKOV et le vieux JAROMIR JAGR. Les Panthers ont encore espoir de participer aux séries.

    Ken Hitchcock, des Blues, joint le club des 700 victoires. Ceux qui le devancent ont tous commencé leur carrière à Saint-Louis!

    Ken Hitchcock, des Blues, joint le club des 700 victoires. Ceux qui le devancent ont tous commencé leur carrière à Saint-Louis!

  • Les BRUINS ont le numéro du Lightning. Ils ont gagné en tirs de barrage grâce à PATRICE BERGERON et BRAD MARCHAND. Il faut préciser que l’équipe de Tampa est privée de trois de ses meilleurs éléments. Quatre victoires de suite pour l’équipe de CLAUDE JULIEN.
  • Les BLUES ont blanchi les Flyers en tirs de barrage grâce à Oshie et Tarasenko. Ils ont ainsi donné à KEN HITCHCOCK sa 700e victoire dans la LNH. Il n’est devancé que par SCOTTY BOWMAN (1244), Alger Arbour (782) et Joel Quenneville (746). À noter que Bowman, Arbour et Quenneville ont tous fait leurs débuts à SAINT-LOUIS.
  • Les KINGS ont blanchi Vancouver 4-0 pour rejoindre Calgary en 7e place.
  • Les RED WINGS se sont fait surprendre par les Blue Jackets. CAM ATKINSON a marqué un but à la Bobby Hull pour Columbus.
  • Le vieux JAROME IGINLA a donné la victoire à l’Avalanche en tirs de barrage contre New Jersey.
  • Un seul petit point sépare les RANGERS, le Canadien, Tampa Bay et les Islanders.