Lucic devrait s’excuser publiquement

Quelques jours après la victoire du Canadien contre les Bruins, on parle encore de l’incident survenu entre Milan Lucic et Dale Weise lors de la traditionnelle poignée de mains entre les deux équipes au centre de la patinoire.

Mauvais perdant, Lucic aurait dit à son rival: «Je vais te tuer la saison prochaine». En anglais: «I will fucking kill you next year». Des propos inacceptables de la part d’un athlète professionnel.

Si Lucic a vraiment dit cela – il y a tout lieu de le croire- , il devrait s’excuser publiquement, mais reste à voir s’il est assez homme pour le faire.

Milan Lucic a manqué de classe après la défaite de son équipe contre le CH.

Milan Lucic a manqué de classe après la défaite de son équipe contre le CH.

On peut comprendre que les Bruins aient très mal digéré cette défaite contre leurs éternels rivaux. Champions du calendrier régulier, ils étaient largement favoris pour l’emporter. Ils ont toutefois ont été battus par une équipe plus rapide et un gardien de but supérieur. Pis encore, ils ont été limités à un seul but durant les 120 dernières minutes de jeu.

C’était la 25e défaite des Bruins en 34 séries de championnat contre Montréal.

Cherry-Mikita

Don Cherry, qui a encore le B des Bruins tatoué sur le coeur, n’approuve pas le geste de Lucic. Il aurait cependant souhaité que ses propos demeurent secrets.

Aujourd’hui, il y a des caméras partout et les athlètes doivent être parfaitement conscients de leurs faits et gestes.

Cherry a rappelé un incident à l’époque où il dirigeant les Bruins (durant les années 1970). Stan Mikita, joueur étoile des Blackhawks, l’avait piqué au vif en déclarant que Bobby Orr était le véritable entraîneur des Bruins.

Cherry avait répliqué avec des propos violents à l’endroit de Mikita, ce qui lui avait valu une sérieuse réprimande de la part du président Clarence Campbell.

Pensez-vous que Gary Bettman va prendre le téléphone pour adresser des reproches à Lucic et lui demander de s’excuser publiquement? Ça serait très étonnant.

Dernière chose: Si Lucic portait les couleurs du Canadien, ne serait-il pas un de vos favoris?

 

Les Rangers frappent à la vitesse de l’éclair

Un match ne fait pas une série, mais qui a dit que les Rangers avaient du mal à trouver le fond du filet? Ou encore qu’ils n’avaient pas un bon jeu de puissance?

Dans une partie à sens unique, ils ont été sans pitié pour Carey Price et son adjoint Peter Budaj dans un gain de 7-2 sur la patinoire du Centre Bell.

Les joueurs d’Alain Vigneault ont surtout fait la démonstration qu’ils sont pas mal plus rapides que les Bruins de Boston, ce qui leur permet d’attaquer et de contre-attaquer à la vitesse de l’éclair.

Martin Saint-Louis a donné le ton au match en trouvant le fond du filet après seulement 4:35 minutes.

Martin Saint-Louis a donné le ton au match en trouvant le fond du filet après seulement 4:35 minutes.

Le plus bel exemple est Chris Kreider qui a causé toutes sortes d’ennuis à la brigade défensive du Canadien. Et que dire de Ryan McDonagh qui a contribué un but et trois passes? Au cas où vous l’auriez oublié, c’est ce joueur-là que le Canadien a cédé aux Rangers en retour de Scott Gomez!

Voilà un match à oublier pour Price, Subban, Emelin, Prust et cie, mais il ne faudra pas tarder à rajuster le tir. Les Rangers ont le vent dans les voiles (quatre victoires de suite) et un excellent gardien de but.

En bref

  • HENRIK LUNDQVIST a réalisé ses meilleurs arrêts en deuxième période alors que le pointage était encore serré. Il a été brillant devant Pacioretty et Subban. Qui a dit qu’il ne pouvait pas gagner au Centre Bell?
  • «Notre gardien a fait la différence en deuxième période», a dit ALAIN VIGNEAULT après la partie. Il a aussi parlé du plaisir de jouer dans un amphithéâtre qui respire L’HISTOIRE DU HOCKEY.
  • BRANDON PRUST devra se montrer plus discipliné s’il veut garder sa place dans l’alignement et P.K. devra éviter de trop vouloir en faire.
  • MICHEL THERRIEN a parlé d’erreurs physiques et mentales. «On vient de recevoir une leçon, a-t-il dit. Ça va nous ramener sur terre».
  • CHRIS KREIDER se sentait étouffé par John Tortorella. Il semble plus à l’aise sous la direction d’Alain Vigneault.
  • Le CANADIEN joue mieux quand il détient l’avance. Ce n’est pas vraiment une équipe pour jouer du hockey de rattrapage.
  • GINETTE RENO a maintenant une fiche de 4-2.
  • Toute la famille des Rangers assiste aujourd’hui aux funérailles de la maman de MARTIN SAINT-LOUIS.

 

 

Le 30 contre le 31

Vous ne pensiez quand même pas que Michel Therrien et Alain Vigneault allaient se lancer des tomates avant le début de la série? Comme prévu, ils ont préféré se lancer des fleurs avant que Ginette saute sur la patinoire pour chanter a capella.

Les deux hommes sont des amis de longue date, des entraîneurs de carrière issus du circuit Courteau. Ils ont un autre point en commun, soit celui d’avoir dirigé tour à tour le Canadien de Montréal. Pendant deux semaines, deviendront-ils de véritables ennemis?

Vous ne pensez pas qu'Alain Vigneault aimerait guider les Rangers à la victoire contre son ancienne équipe?

Vous ne pensez pas qu’Alain Vigneault aimerait guider les Rangers à la victoire contre son ancienne équipe?

C’est à se demander si le niveau d’intensité sera aussi élevé que lors de la série Canadien-Boston même s’il suffit parfois d’une étincelle pour mettre le feu aux poudres.

Au Québec, la majorité des amateurs de hockey détestent les Bruins à s’en confesser, mais cette haine viscérale n’existe pas dans le cas des Rangers. On regarde cette équipe d’un oeil très différent, peut-être à cause de l’admiration qu’on a éprouvée dans le passé pour des joueurs comme Rodrigue Gilbert, Camille Henry, Jean Ratelle et Gump Worsley.

Il faut aussi se rappeler que des légendes comme Doug Harvey, Howie Morenz, Jacques Plante, Bernard Geoffrion et Guy Lafleur ont porté les couleurs des deux équipes. Worsley aussi, de même que Phil Goyette, Don Marhall, Jean-Guy Gendron, Lucien Deblois et Léon Rochefort (j’en oublie sûrement d’autres).

Si je me fie à ce que j’entends à gauche et à droite, cette série sera essentiellement une lutte à finir entre le 30 et le 31. Entre Henrik Lundqvist et Carey Price. Et semble-t-il que Price aura le dernier mot parce Lundqvist n’est pas à son mieux contre le Canadien. Ça reste à voir.

Price a bloqué 55 des 56 dernières rondelles lancées par les joueurs des Bruins, mais Lundqvist a été tout aussi solide contre les Penguins, repoussant 102 des 105 tirs dirigés vers lui dans les trois dernières parties. Le grand Suédois a l’habitide d’être à son mieux quand ça compte. Quant à Price, il est étonnant que ne lui ait pas encore construit un monument devant le Centre Bell!

Le mot d’ordre sera le même dans les deux camps: bloquer la vue du gardien. Selon des études très poussées, tu ne peux pas bloquer ce que tu ne vois pas!

Mon seul souhait: qu’on assiste à une série endiablée avec plein de rebondissements. Et tant mieux si le Canadien passe en finale.

Pauvre Boudreau

Lorsque je me suis installé devant la télé pour regarder le dernier match entre les Ducks et les Kings, c’était déjà 4-0 pour les visiteurs. Les carottes étaient cuites pour la troupe de Bruce Boudreau.

Gagnants de la coupe Stanley il y a deux ans, les Kings sont à leur mieux lorsqu’ils sont acculés au mur. Ils viennent de le démontrer contre San Jose et contre Anaheim. Leur noyau est excellent et ils ont confiance en leurs moyens.

Teemu Selanne a joué son dernier match dans la LNH. Il aurait souhaité une fin plus heureuse.

Teemu Selanne a joué son dernier match dans la LNH. Il aurait naturellement souhaité une fin plus heureuse.

«En première période, on aurait dit des hommes contre des enfants, a admis Boudreau. Les Kings ont joué comme des champions et nous n’avons pas su comment répondre».

Boudreau a maintenant un dossier de 1-5 dans les septèmes matchs.

À noter que c’était la dernière présence de Teemu Selanne dans la Ligue nationale et peut-être aussi de Saku Koivu (39 ans). L’ancien capitaine du Tricolore se donne quelques semaines pour y réfléchir.

La série Kings-Blackhawks s’annonce palpitante au possible. L’équipe qui l’emportera sera favorite pour gagner la coupe.

Savard: «P.K. me rappelle Chelios et Patrick Roy»

«On ne donnait pas cher de la peau du Canadien après le cinquième match à Boston. Pourtant, l’équipe a réussi à se relever et à gagner la série. Bravo!», déclare Serge Savard.

L’ancien patron du Canadien a regardé les derniers matchs à son condo d’Hilton Head avec son associé Mario Messier. Comme tout le monde, il a applaudit le travail de Carey Price, mais il note que le retour en force de Max Pacioretty a bien servi la cause du CH.

Serge Savard applaudit la victoire du Canadien contre Boston. Peut-on espérer une répétition de 1993? «Une série à la fois», répond-il.

Serge Savard applaudit la victoire du Canadien contre Boston. Peut-on espérer une répétition de 1993? «Une série à la fois», répond-il.

«Price a été excellent, mais je trouve qu’on accorde généralement trop d’importance au travail du gardien de but, ajoute-t-il. Il faut la contribution de tout le monde pour gagner une série. On dit souvent qu’on a été chanceux en 1971 parce qu’on avait Ken Dryden devant le filet. C’est vrai, mais Dryden n’a pas compté un seul but le soir où nous avons effacé un déficit de 5-1 pour battre les Bruins».

Cela dit, le Sénateur n’enlève absolument rien au mérite de Price qui se comporte actuellement comme un certain Patrick Roy en 1986 et en 1993.

P.K. s’ajuste

Bien sûr, Savard n’a que de bons mots pour P.K. Subban, un jeune homme appelé à connaître une grande carrière à Montréal. Il y a longtemps qu’il s’est rangé dans son camp et chaque fois qu’il le rencontre, il ne manque pas de l’encourager.

«Je ne comprends toujours pas qu’il ait été mis de côté à Sotchi après avoir gagné le trophée Norris, dit-il. On l’a accusé d’être un joueur à haut risque. Pourtant, il a été parfait contre les Bruins. Il a apporté les ajustements nécessaires et n’a couru aucun risque inutile.

«P.K. est fier de porter le chandail du Canadien. Il me fait penser à Chris Chelios et à Patrick Roy. C’est le genre de joueur qui essaye tout le temps, qui ne saute jamais son tour».

Est-ce qu’on est en train de revivre le miracle de 1993? «Une série à la fois, répond Savard. Il y a de bons clubs qui viennent de sauter, mais ça se joue sur la patinoire».

Il est à noter que les Rangers sont dirigés par Alain Vigneault, son ancien protégé à l’Ile-du-Prince-Édouard. «Alain est un excellent entraîneur», conclut-il.