Les Bruins gagnent une guerre de tranchées

Le Canadien a perdu un match qui pouvait basculer d’un côté comme de l’autre. C’est une douche d’eau froide pour ses partisans. On a cependant assisté à tout un spectacle au Centre Bell jeudi soir.

Du vrai hockey des séries. Une guerre de tranchées entre deux équipes qui se connaissent de mieux en mieux. Comme cela se produit très souvent en prolongation, c’est un illustre inconnu (Matt Fraser) qui a mis fin aux hostilités sur un jeu bizarre. Il y a quelques heures à peine, Fraser jouait pour le club-école des Bruins à Providence.

Tuukka Rask a fait amende honorable en bloquant tous les tirs du Canadien. La série est maintenant égale 2-2.

Tuukka Rask a fait amende honorable en bloquant tous les tirs du Canadien. La série est maintenant égale 2-2.

Souvent pointé du doigt depuis le début de la série, Tuukka Rask a été parfait devant son filet, arrachant la première étoile à son vis-à-vis Carey Price, lui aussi très solide.

La défaite fait mal au Canadien, mais Michel Therrien peut être fier de ses hommes. Ils ont travaillé fort durant toute la soirée et ils ont tenu tête aux Bruins sur le plan de la robustesse. C’est bon signe pour la suite des choses. Ça recommence samedi soir au TD Garden.

Ah oui, j’oubliais. Ginette Reno a maintenant une fiche de 3-1.

Rapido du vendredi

  • CLAUDE JULIEN était soulagé après avoir vu les Bruins niveler les chances dans la série. Il a aimé ce qu’il a vu dans le quatrième match, mais il pense que son équipe peut faire ENCORE MIEUX.
  • MAX PACIORETTY est décevant depuis le début de la série, mais il en va de même pour DAVID KREJCI, des Bruins.
  • Croisé dans l’ascenseur après la deuxième période, CLÉMENT JODOIN a déclaré: «Pour reprendre les paroles de Sol, c’est énervouillant!»
  • BRIAN GIONTA a joué un de ses meilleurs matchs depuis qu’il porte les couleurs du Canadien.
  • DOUGLAS MURRAY devient un homme très utile dans une série où le jeu est aussi physique.
  • MIKAËL BOURNIVAL ne cesse de s’améliorer. RON FOURNIER prédit qu’il aura une longue carrière à Montréal dans un troisième trio.

    Michaël Bournival semble avoir un bel avenir avec le Canadien.

    Michaël Bournival semble avoir un bel avenir avec le Canadien.

  • D’autre échos du CENTRE BELL dans une prochaine chronique.
  • RON SABETTA, ancien receveur des Braves d’Ahuntsic, est en deuil de sa maman (Léoni). Mes condoléances à toute la famille.
  • PIERRE McGUIRE, de TSN, a vécu une soirée de rêve lors d’un gala au Lincoln Center de New York. Il a notamment discuté avec JOE BUCK, la voix du baseball au réseau FOX.
  • RANDY CARLYLE peut se compter chanceux de signer un nouveau contrat de deux ans comme entraîneur des MAPLE LEAFS.
  • Longue conversation avec STÉPHAN LEBEAU au Centre Bell. L’ancien joueur de centre du Canadien a vécu une belle expérience comme adjoint de SYLVAIN LEFEBVRE à Hamilton et il sera de retour la saison prochaine. Il s’occupe des attaquants et DONALD DUFRESNE des défenseurs. La Ligue américaine n’est plus une ligue de «Has Been». La majorité des joueurs sont dans la jeune vingtaine et il faut leur enseigner le métier.

    Stéphan Lebeau vit une belle expérience dans la Ligue américaine.

    Stéphan Lebeau vit une belle expérience dans la Ligue américaine.

  • STÉPHAN LEBEAU est un excellent golfeur et il aimerait éventuellement devenir professionnel de golf.
  • La série de championnat entre BAIE-COMEAU et VAL-D’OR passe sous le radar parce que tout le monde n’en a que pour le duel Canadien-Bruins.
  • JOHN DOUESNARD, un des fondateurs du club de golf GRANBY MINER, est mort cette semaine à l’âge de 85 ans. Mes sympathies à la famille.
  • La FÊTE DES MÈRES aura 100 ans, dimanche. Elle a été décrétée par le président WOODROW WILSON en 1914.
  • N’oubliez pas les SEPT MERVEILLES DU MONDE: voir, entendre, toucher, goûter, sentir, rire et aimer.

Le mot d’humour

Si ton professeur de golf te dit de garder la tête basse, c’est pour que tu ne puisses pas le voir rire!

Michel Therrien est un bien meilleur coach

Il n’y a pas seulement les joueurs qui peuvent s’améliorer avec les années. Les entraîneurs aussi.

Le meilleur exemple, c’est Michel Therrien. De toute évidence, il est un bien meilleur coach qu’il y a cinq ou 10 ans. Non seulement est-il plus habile pour répondre «du matin au soir» aux nombreuses questions des journalistes, mais il dirige mieux son équipe et prend de meilleures décisions derrière le banc. Les exemples sont nombreux depuis le début de la saison en cours.

Michel Therrien dirige sa barque de main de maître.

Michel Therrien dirige sa barque de main de maître.

Le Canadien n’a pas accumulé 100 points par accident avant de gagner six de ses sept premiers matchs dans les séries de la coupe Stanley.

Être entraîneur du Canadien de Montréal est un très dur métier et il est impossible de plaire à tout le monde. Parlez-en à Scotty Bowman, Claude Ruel, Jean Perron, Mario Tremblay, Claude Julien, Alain Vigneault ou Guy Carbonneau. Ils vous diront tous la même chose: «Le hockey est une religion au Québec et chacun de vos gestes est épié par des centaines de milliers d’amateurs».

Rien n’empêche qu’il faut donner à Therrien le mérite qui lui appartient. Il n’est pas parfait, mais PERSONNE ne ferait mieux que lui avec les éléments qu’il a présentement sous la main.

Il faut préciser que Michel est très bien entouré. Gérard Gallant, J.J. Daigneault, Clément Jodoin, Stéphane Waite et Scott Mellanby sont des hommes de hockey qui ont fait leurs preuves. Ils peuvent tous l’aider à prendre les bonnes décisions et à motiver les joueurs. On est loin de l’époque où Toe Blake était seul maître à bord.

Et comme si ça ne suffisait pas, Michel Therrien est mieux vêtu grâce aux bons conseils de sa belle Josée et de Pierre Allaire, de Laval. Mardi soir, il avait l’air d’un premier ministre dans son complet trois pièces!

 

The Price is right!

De retour devant leurs farouches partisans, les joueurs du Canadien ont fait exactement ce qu’ils devaient faire pour l’emporter. Appuyés par un gardien de but au sommet de son art, ils se sont donné une priorité de trois buts en route vers une victoire relativement facile de 4-2.

Si P.K. Subban et Dale Weise ont joué un rôle majeur en déjouant Tuukka Rask sur des échappées, c’est encore Carey Price qui a fait la différence avec ses arrêts-clés, spécialement en deuxième période. C’est d’abord grâce à lui si le Canadien, contre toute attente, mène 2-1 dans la série. Et c’est grâce à lui que le Tricolore peut entretenir l’espoir de gagner cette confrontation qui risque fort de se rendre à la limite. Jusqu’ici, Price a été de loin supérieur à son rival.

P.K. Subban:  sa valeur augmente de jour en jour.

P.K. Subban: sa valeur augmente de jour en jour.

L’Express du Centre Bell

  • YVAN COURNOYER, qui n’a jamais perdu contre les Bruins dans les séries de championnat, a une haute opinion du jeune MIKAËL BOURNIVAL. «Il est bon patineur, il travaille fort et ne craint pas d’aller dans le traffic, dit-il. On voit qu’il aime la game et qu’il veut faire son chemin».
  • L’ancien capitaine du Canadien note aussi que P.K. SUBBAN refile la rondelle plus rapidement à ses coéquipiers, ce qui lui évite de commettre des erreurs. C’est le métier qui entre.
  • Fier de son but contre Tuukka Rask, P.K. a déclaré aux journalistes: «Je suis le même joueur qu’il y a six ou sept ans, juste plus gros et plus fort. Je suis un gars d’équipe et je sais que je peux m’améliorer». P.K. semble avoir retenu le conseil de SERGE SAVARD: «Joue selon le pointage et selon l’horloge».
  • MARC BERGEVIN peut se taper dans les mains en ce qui concerne DALE WEISE et MIKE WEAVER, deux solides acquisitions.
  • Les joueurs des BRUINS étaient peu bavards après la partie. Ils ont été DOMINÉS en première période et ils savent qu’ils doivent mieux commencer la partie s’ils veulent gagner la série.
  • «On va les avoir, les Bruins», dit BOB FILLION du haut de ses 93 ans.
  • PIT LAFLAMME, président des Citadelles, est venu de Rouyn-Noranda pour assister au match avec son grand ami RÉJEAN HOULE.
  • GILBERT DIONNE a fait de voyage depuis Hamilton. Avant la partie, il s’est rendu à Drummondville pour être au chevet de sa mère Laurette qui est très malade.
  • ZDENO CHARA est copieusement hué chaque fois qu’il touche à la rondelle. Dans le fond, c’est un compliment!
  • Croisés dans l’ascenseur: CLÉMENT JODOIN et STÉPHANE WAITE. En voilà deux qui ont vraiment la passion du hockey.
  • GINETTE RENO: «Après 55 ans de carrière, me voici rendue à TVA Sports!»
  • Parmi les spectateurs, il y avait le chef libéral JUSTIN TRUDEAU, le docteur CLAUDE CLÉMENT, ancien médecin du Canadien, le thérapeute GAÉTAN LEFEBVRE, le jazzman JAMES GELFAND, le chanteur DENIS MIRON et le concessionnaire automobile ALAIN CHALUT (Joliette). D’autres échos dans une prochaine chronique.

Babcock épie Mantha

MIKE BABCOCK s’est rendu à Val-d’Or pour voir jouer le grand ANTHONY MANTHA et il n’a pas été déçu. «Nous n’avons jamais eu un prospect de cette taille qui soit aussi bon marqueur, a-t-il dit. Toutefois, je ne sais pas s’il pourra jouer avec les RED WINGS dès la saison prochaine».

S’il aime le jeune homme, c’est déjà bon signe.

Coup de tonnerre à Boston

Pendant un certain temps, on a cru que le Canadien, contre toute attente, rentrerait à Montréal avec une avance de 2-0, mais c’était ce que les Anglais appellent du «wishful thinking». Des voeux pieux.

Les Bruins n’abandonnent jamais et ils forment probablement l’équipe la plus dangereuse de la ligue en troisième période. Il a suffi que Dougie Hamilton réduise la marge à un seul but pour allumer le baril de poudre.

L'excellent Patrice Bergeron a joué de chance pour provoquer l'égalité en 3e période. Son tir a dévié sur Francis Bouillon avant de déjouer Carey Price.

L’excellent Patrice Bergeron a joué de chance pour provoquer l’égalité en 3e période. Son tir a dévié sur Francis Bouillon avant de déjouer Carey Price.

Patrice Bergeron a joué de chance (tir dévié accidentellement par Bouillon) pour provoquer l’égalité, puis Reilly Smith a donné la victoire à son club pendant que P.K. Subban faisait de son mieux pour se débarrasser de Brad Marchand, une vraie peste.

Trois buts en cinq minutes et demie et c’en était fait du Canadien. C’est bien sûr une défaite qui fait mal. La vérité, c’est que l’équipe de Michel Therrien peut se compter chanceuse de rentrer à la maison avec une victoire de chaque côté.

«On se fait manger la laine sur le dos, a dit Mario Tremblay avant de quitter Boston. Les Bruins ne se gênent pas pour frapper les joueurs du Canadien. Il faudra jouer de façon plus agressive si on veut gagner la série».

Excellent commentaire du Bleuet. Le Canadien ne pourra pas éliminer les Bruins en se fiant uniquement à Carey Price et à son attaque à cinq. Il faudra que tous les joueurs acceptent de «payer le prix» contre des adversaires beaucoup plus robustes. Méchant contrat!

En toute objectivité, les Bruins forment la meilleure équipe, mais les partisans du Canadien peuvent encore espérer. Aucune partie n’est gagnée à l’avance. L’ambiance sera électrique, mardi soir, au Centre Bell. Cette fois, la pression sera davantage sur les épaules des joueurs du Canadien.

Comme ils disent au bingo, ne dérangez pas vos cartes en cas d’erreur!