Marc Bergevin: un choix logique

Marc Bergevin, ex-défenseur des Blackhawks, des Blues et du Lightning de Tampa Bay, succède à Pierre Gauthier comme directeur général du club de hockey Canadien. La nouvelle a été confirmée par Geoff Molson mercredi matin. Il présentera son homme de confiance aux journalistes cet après-midi au Centre Bell.

Bergevin a fait ses classes à tous les niveaux (joueur, recruteur, directeur du personnel et entraîneur-adjoint) avant de devenir directeur général adjoint chez les Blackhawks de Chicago en juin 2011. Sa feuille de route est donc très bien remplie. Il a l’avantage de bien s’exprimer en français et en anglais, un plus pour son nouvel emploi. Il est dans la fleur de l’âge (46 ans) et il connaît tous les rouages d’une équipe de hockey.

Marc Bergevin

Marc Bergevin possède une feuille de route impressionnante et il a tous les atouts pour devenir directeur général du Canadien.

Au final, il aurait été préféré à Julien Brisebois, bras droit de Steve Yzerman à Tampa Bay, et à Pierre McGuire, analyste de hockey au réseau TSN.

On peut s’imaginer que Serge Savard, conseiller de Geoff Molson dans ce dossier, a consulté son bon ami Scotty Bowman pour en savoir davantage au sujet de Bergevin. Bowman est encore dans l’organisation des Blackhawks et son fils Stan occupe le poste de directeur général de l’équipe.

Un ami de longue date de Mario Lemieux, Bergevin est père de trois enfants. Dès son arrivée à Montréal, il aura beaucoup de pain sur la planche: trouver un adjoint et un entraîneur compétents et bien se préparer à la prochaine séance de repêchage de la Ligue nationale.

Ce qu’on peut souhaiter par-dessus tout, c’est que le nouveau patron du Canadien soit en poste durant plusieurs années afin d’amener de la stabilité. Il faudra aussi que les partisans fassent preuve de patience. Personne ne peut rebâtir une équipe en l’espace de quelques mois.

Il est cependant possible de redonner de la crédibilité à une équipe assez rapidement, comme Dale Tallon vient de le prouver à Miami. Quoi qu’il en soit, le prochain DG du Canadien pourra difficilement faire pire que son prédécesseur!

On raconte aussi qu’il possède un très bon sens de l’humour. Dans un marché comme celui de Montréal, ça devrait être utile.

Les Kings sont à prendre très au sérieux

Ne riez plus de ceux qui ont choisi les Kings de Los Angeles pour gagner la coupe Stanley.

Après avoir éliminé les Canucks de Vancouver plutôt facilement, voici qu’ils sont en train de passer les Blues de Saint-Louis dans le tordeur.

Non seulement ont-ils gagné les deux premières parties à Saint-Louis, mais ils ont maintenant une fiche de 5-0 à l’étranger depuis le début des séries. C’est la marque d’une équipe championne que d’être capable de le triompher sur les patinoires étrangères.

Anze Kopitar

L'excellent Anze Kopitar a marqué deux buts dans la victoire des Kings à Saint-Louis, lundi soir. Les Kings mènent la série 2-0.

Le Lightning de Tampa Bay est la dernière équipe à avoir gagné ses cinq premiers matchs des séries à l’extérieur. C’est arrivé en 2004 et ils ont gagné la coupe Stanley quelques semaines plus tard.

Anze Kopitar, un joueur super talentueux, a été le héros du deuxième match à Saint-Louis avec une paire de buts en première période, dont un en désavantage numérique. Jeff Carter, un ancien des Flyers, a également fait mal aux Blues en portant la marque 3-0.

Les Kings ont deux grosses lignes d’attaque. Ils ne se gênent pas pour bousculer l’adversaire et ils jouent du hockey inspiré avec Dustin Brown comme capitaine et chef de file. Ils ont aussi un excellent gardien de but en Jonathan Quick. Ça va prendre une très bonne équipe pour les battre.

HUNTER-OVECHKIN

Dans l’autre série au programme lundi soir, un but d’Alex Ovechkin en avantage numérique a permis aux Capitals de Washington de remporter une importante victoire de 3-2 sur la patinoire des Rangers.

Ovechkin, qui a vu son temps de glace être réduit depuis que l’équipe est dirigée par Dale Hunter, a profité d’une punition infligée à Brad Richards pour niveler les chances dans la série.

«Oubliez mon temps de glace. Nous sommes ici tous ensemble pour battre les Rangers», a dit Ovechkin après la partie.

Une chose est certaine: l’ancien joueur des Nordiques mène sa barque comme il l’entend et les résultats parlent en sa faveur jusqu’à maintenant.

 

Grosse victoire de Windsor contre Thetford-Mines

Le Wild de Windsor a pris une sérieuse option sur la coupe Canam en battant l’Isotermich de Thetford-Mines 4-2 devant une foule survoltée, dimanche, au Centre Lemay.

Les deux équipes ont travaillé sans relâche et elles ont offert un excellent spectacle aux quelque 1200 spectateurs.

L’équipe d’Éric Dandenault en était à sa sixième victoire de suite en finale de la Ligue nord-américaine. Le troisième match sera présenté dans la ville de l’amiante vendredi prochain.

C’est un but du fougueux Yannick Tremblay sur une passe parfaite du défenseur Mathieu Dumas qui a fait la différence. Il s’agissait de son 10e but victorieux dans les séries de championnat, un record de la LNAH.

Le gardien de but Louis Ménard a multiplié les arrêts-clés pour mériter la première étoile du match. Stéphane Boileau, un travailleur infatiguable, et le vétéran Yannick Landry ont complété le choix de trois étoiles.

En première période, Dannick Lessard et Martin Larivière se sont livrés un furieux combat de boxe qui n’était pas sans nous rappeler les échanges entre John Ferguson et Ted Green à la fin des années 1960.

Samuel Grenache, victime d’une fracture à un pouce, n’a pu terminer la partie et il représente un cas douteux pour le reste de la série.

Notons finalement que l’Isotermich n’a jamais gagné la finale en cinq tentatives. La formation de Bobby Baril devra travailler très fort pour renverser la vapeur car le Wild semble en mission… avant son triste déménagement à Cornwall pour des raisons financières.

 

Souvenirs des séries: le Garden de Boston

Parmi mes plus beaux souvenirs de la coupe Stanley, il y a ces multiples affrontements entre le Canadien et les Bruins au vieux Garden de Boston.

La rivalité a toujours été féroce entre les deux clubs et l’ambiance qui régnait dans la «boîte d’allumettes» de la rue Causeway était pour ainsi dire indescriptible. Ceux qui ont vécu ces guerres-là ne pourront jamais les oublier.

Je vois encore Harry Sinden injurier les arbitres, Don Cherry grimper sur le banc des joueurs pour en faire autant et Nate Greenberg mâchouiller son gros cigare en se demandant ce qu’il fallait faire pour vaincre ces méchants Glorieux au moins une fois.

Greenberg était le relationniste des Bruins et un monsieur d’une extrême gentillesse. Chaque fois qu’il venait à Montréal, il allait manger un steak chez Moishe’s avec Tom Johnson et Harry Sinden. L’histoire ne dit pas ce qu’il faisait du reste de sa soirée.

Il y avait aussi Francis Rosa, un vieux journaliste fort sympathique qui était toujours content de revoir ses amis du Canada.

C’était l’époque où le Canadien gagnait plus souvent qu’à son tour, mais les Bruins avaient du coeur au ventre et lui donnaient du fil à retordre avec de dures mises en échec. Pour gagner à Boston, il fallait accepter d’en payer le prix.

Ken Dryden

C'est au Garden de Boston que le grand Ken Dryden est devenu un super héros, au printemps de 1971.

C’est dans cette vieille bâtisse que Ken Dryden, ex-étudiant à Cornell, est devenu un super héros au printemps de 1971. On aurait dit un nouveau Jacques Plante en plus gros et plus grand.

C’est aussi là que le Canadien a effectué une des plus belles remontées de l’histoire des séries, effaçant un déficit de quatre buts avant de l’emporter 7-5 contre Bobby Orr et les Big Bad Bruins. À sa dernière saison avec le Canadien, Jean Béliveau a pris les choses en mains ce soir-là avec le soutien des Jacques Lemaire, John Ferguson, Henri Richard et Frank Mahovlich.

C’est aussi au Garden de Boston que Guy Lafleur a étalé tout son talent malgré les menaces de John Wensink qui voulait lui arracher la tête.

Je me souviens également de Mario Tremblay qui jouait avec toute la fougue de ses 19 ans, d’Yvon Lambert qui se plantait les deux pieds devant Gerry Cheevers et de Claude Mouton qui utilisait tout son vocabulaire pour stimuler le jeune Stéphane Richer.

Dans le camp des Bruins, après l’ère Orr-Esposito, il y avait Jean Ratelle, un mini Jean Béliveau, Brad Park, un merveilleux passeur, et Wayne Cashman, un ailier gauche au courage indomptable.

Un soir, les Bruins se sont tués à l’ouvrage pour battre l’équipe de l’Armée Rouge, mais Vladislav Tretiak s’est dressé devant eux comme le mur de Chine. On aurait dit la réincarnation de Terry Sawchuk.

Bien sûr, c’est dans le vieux Garden que Pierre Bouchard a perdu son furieux combat contre Stan Jonathan. La bataille n’a duré qu’une vingtaine de secondes, mais on en parle encore 34 ou 35 ans plus tard. Comme si Butch ne s’était battu qu’une seule fois durant sa carrière…

Un jour, il a fallu détruire le Garden pour en bâtir un plus moderne avec des loges corporatives et tout le tralala, mais le temps n’efface pas les souvenirs. Ils sont incrustés à jamais dans notre mémoire.