La relativité des choses

Avec le temps, tout le monde se souviendra que les Blackhawks ont gagné la coupe Stanley au printemps 2013, mais trop peu de gens se rappelleront que les Bruins ont trimé dur pour atteindre la finale.

C’est la loi implacable du sport professionnel. On n’en a que pour les champions.

Qui se rappelle que Thomas Levet a terminé deuxième au British Open en 2002 ou qu’Elston Howard a failli remporter le championnat des frappeurs en 1961?

Les Bruins étaient favorisés par l’absurde «non-application» du livre des règlements par les chandails rayés, mais Chicago a prévalu grâce à son talent, sa profondeur et sa capacité de résister aux attaques furieuses du rouleau compresseur jaune et noir.

Soit dit en passant, la superbe machine des Blackhawks a été construite à la base par Dale Tallon, un ancien p’tit gars de Rouyn-Noranda. C’est lui qui a découvert les Jonathan Toews, Patrick Kane, Patrick Sharp, Duncan Keith et Brent Seabrook.

Dale Tallon n'est plus là, mais c'est lui qui a bâti la formidable machine des Blackhawks.

Dale Tallon n’est plus là, mais c’est lui qui a bâti la formidable machine des Blackhawks de Chicago.

Le fait demeure que les Bruins sont une équipe bâtie en fonction des séries et qu’ils alignent plusieurs joueurs dans la vingtaine. Que ça vous plaise ou non, vous n’avez pas fini de les voir au petit écran.

La marge est souvent très mince entre la victoire et la défaite. Il suffit d’un tir dévié, d’une mauvaise pénalité ou d’un petit moment d’inattention pour tout faire basculer. Dans la dernière série, les Bruins ont perdu un «match de fou» devant leurs partisans (défaite de 6-5) et ne s’en sont pas remis.

Tout est relatif dans le monde du sport. Ça dépend sous quel angle on analyse la situation. Ted Williams est-il moins bon parce qu’il n’a jamais gagné la Série mondiale? Pourquoi Dan Marino n’a jamais été capable de mener les Dolphins à la Terre promise? Marcel Dionne, Gilbert Perreault et Brad Park devraient-ils être méprisés parce qu’ils n’ont jamais bu dans la coupe Stanley? Pourquoi Greg Norman n’a gagné que deux tournois majeurs?

LE RAPIDO DU MERCREDI

  • C’est samedi que DAVID VEILLEUX se lancera pour la première fois dans la grande aventure du TOUR DE FRANCE. Sa mission sera de bien faire paraître ses coéquipiers THOMAS VOECKLER et Pierre Rolland. On lui souhaite de connaître une carrière à la STEVE BAUER.
  • Malgré leurs déboires sur le losange, les DODGERS et les ANGELS attirent les meilleures foules.
  • JONATHAN BERNIER se voit offrir la chance de batailler avec JAMES REIMER pour le poste de numéro un à Toronto. À lui de prouver qu’il est aussi bon qu’on le dit.
  • ALAIN VIGNEAULT sera le troisième Trifluvien de naissance ou d’adoption à diriger les Rangers. Avant lui, il y a eu Michel Bergeron et Jean-Guy Talbot.
  • SEAN COUTURIER, Guy Boucher, Derrick Brassard et Guillaume Latendresse ont confirmé leur présence au tournoi de golf des VOLTIGEURS de Drummondville, le 11 juillet.
  • LEONARDO OCHOA, des Castors d’Acton Vale, est le joueur de la semaine dans la Ligue de baseball Senior Élite.
  • YADIER MOLINA, des Cards de Saint-Louis, est devenu le meilleur receveur du baseball. C’est du moins l’opinion de CLAUDE RAYMOND.
  • KEVIN YOUKILIS, des Yankees, sera opéré au dos et il sera absent du jeu pendant trois mois.

LE MOT D’HUMOUR

Le golf, c’est comme le mariage. Si tu prends ça trop au sérieux, ça ne marchera pas. Dans les deux cas, ça peut coûter pas mal cher!

17 petites secondes ont suffi aux Blackhawks

Dans une fin de match à la Hollywood, les Blackhawks de Chicago ont marqué deux buts en 17 secondes en fin de troisième période pour arracher la victoire aux Bruins et mériter leur deuxième coupe Stanley en quatre ans.

C’est devant une foule incrédule que le commissaire Gary Bettman a présenté le trophée Conn Smythe à l’attaquant Patrick Kane avant de remettre la coupe Stanley au capitaine Jonathan Toews.

Patrick Kane a mérité le trophée Conn Smythe avec une fiche de neuf buts et 11 passes. C'est sa deuxième coupe Stanley en quatre ans.

L’ailier droit Patrick Kane a mérité le trophée Conn Smythe avec une fiche de neuf buts et 11 passes. C’est sa deuxième coupe Stanley en quatre ans.

«C’est un feeling extraordinaire, a dit Kane devant les caméras de CBC. Zdeno Chara et les Bruins nous ont fait réellement la vie dure, mais nous n’avons jamais lâché prise et la chance a fini par nous sourire». L’ailier droit de 24 ans a terminé les séries avec neuf buts et 11 passes pour un total de 20 points.

Ce sont deux joueurs marginaux qui ont procuré aux Blackhawks leur victoire la plus importante de la saison. Brian Bickell et Dave Bolland ont trompé la vigilance de Tuukka Rask en 17 petites secondes pour mettre fin à une série musclée où les arbitres ont fait figure de spectateurs.

DANS LE CALEPIN

  • Le gardien de but COREY CRAWFORD, de Châteauguay, a joué un rôle majeur dans la victoire de son équipe. Il a résisté à plusieurs attaques des Bruins, spécialement en première période. Le défenseur DUNCAN KEITH en est un autre qui a joué avec brio. Il était presque toujours sur la patinoire.
  • À noter que les BLACKHAWKS ont gagné la coupe seulement une fois entre 1938 et 2010. C’était en 1961 avec des joueurs comme BOBBY HULL, Stan Mikita, Pierre Pilote, Glenn Hall, Eric Nesterenko, Reggie Fleming, Murray Balfour, Chico Maki, Dollard Saint-Laurent, Jack Evans, Alger Arbour, Kenny Wharram et MOOSE VASKO.
  • SCOTTY BOWMAN, qui joue le rôle de conseiller chez les Blackhawks, a sauté sur la patinoire pour la présentation du trophée. C’était la 13e fois qu’il se faisait photographier avec la coupe.
  • Bon perdant, CLAUDE JULIEN a félicité chaleureusement son rival JOEL QUENNEVILLE.
  • BOBBY ORR, qui a mené les Bruins aux grands honneurs en 1970 et 1972, était parmi les spectateurs.
  • MILAN LUCIC a disputé un fort match dans une cause perdante. Il semblait avoir inscrit le but vainqueur, mais Bickell et Boland en ont décidé autrement.
  • Blessé à la cage thoracique, PATRICE BERGERON a fait preuve de courage pour participer à la rencontre. Tout indique que l’athlète d’Ancienne-Lorette signera un contrat à long terme durant les prochaines semaines.
  • JONATHAN TOEWS s’est fait joliment brasser la cage par les défenseurs des Bruins, mais il est constamment revenu à la charge. Un bel exemple de tenacité.
  • L’ARBITRAGE dans les séries de la coupe Stanley couvre la Ligue nationale de ridicule. Ça n’a aucun sens.
  • Avant d’atteindre la finale, les Blackhawks ont effacé une déficit de 1-3 contre DÉTROIT et ils ont éliminés les champions en titre, les KINGS de Los Angeles.
  • Durant les séries 2013, les défenseurs ont marqué presque 30 pour cent des buts.
  • «COREY CRAWFORD a réalisé de grands progrès depuis l’an passé», a dit Joel Quenneville avant le dernier match. Un beau clin d’oeil au Sherbrookois STÉPHANE WAITE, responsable des gardiens de but chez les Blackhawks.
  • RENÉ RANCOURT, qui interprète les hymnes nationaux au TD Garden, a le sens du spectacle. En fait, il en met plus que le client en demande.

Talbot et son ami Scotty

Au début des années 1950, Jean-Guy Talbot a atteint accidentellement Scotty Bowman à la tête avec son bâton lors d’un match présenté au Forum de Montréal.

Talbot jouait alors pour les Reds de Trois-Rivières tandis que Scotty portait les couleurs du Canadien Junior. Le coup a été si violent qu’on a dû insérer une plaque de métal dans la tête de Bowman, ce qui a mis fin à ses espoirs (très minimes) de faire carrière au hockey.

Après l’opération, Talbot s’est rendu à l’hôpital et Scotty l’a excusé pour son geste accidentel. Toutefois, l’organisation du Canadien a ordonné à Bowman de témoigner contre son adversaire et Talbot a été suspendu pour un an. Quand il est revenu au jeu, il a aidé les Cataractes de Shawinigan à remporter le championnat de la Ligue Senior du Québec, puis il a gradué avec le Canadien où il a gagné sept coupes Stanley en 12 ans.

Scotty Bowman a de très bonnes raisons de se souvenir de Jean-Guy Talbot.

Scotty Bowman a de très bonnes raisons de se souvenir de Jean-Guy Talbot.

En 1967, le sort a voulu que Talbot soit échangé aux Blues de Saint-Louis, alors dirigés par un jeune entraîneur du nom de Scotty Bowman. Sachant très bien que Jean-Guy était le boute-en-train du Canadien, il lui a dit: «Fais exactement comme à Montréal. Mets de l’action dans le vestiaire».

Talbot l’a pris au mot. La première chose qu’il a faite a été de se rendre secrètement dans le bureau de Bowman pour couper ses bas en petits morceaux avec une paire de ciseaux. Scotty n’a pas trop rouspété, mais il lui a suggéré de s’attaquer plutôt aux autres joueurs de l’équipe.

Les Blues formaient alors une équipe d’expansion, ce qui ne les a pas empêchés d’atteindre la finale de la coupe Stanley trois fois de suite avec des vétérans comme Doug Harvey, Jacques Plante, Glenn Hall, les frères Plager, Dickie Moore et Talbot.

Les Blues ont perdu deux fois en finale contre le Canadien avant de subir le même sort contre Boston en 1970. Ils étaient négligés des parieurs, mais ils parvenaient quand même à faire la vie dure à leurs adversaires. C’est là que Bowman a gagné ses galons avant d’être embauché par Sam Pollock pour diriger le Canadien.

«Nous étions traités comme des rois par Sid Salomon, rappelle Talbot. Comme il faisait souvent très chaud dans la vieille patinoire de Saint-Louis, je suis allé le voir pour lui demander de faire installer l’air climatisé dans notre vestiaire, mais pas dans celui du club visiteur. À Noël, il a fait cadeau d’un téléviseur à chaque joueur. À Montréal, on nous donnait une dinde!»

Mon ami Talbot est intarissable et il possède une mémoire d’éléphant. Toujours un plaisir que de le revoir pour discuter de hockey.

L’Abitibi et moi

ROUYN-NORANDA— La première fois que j’ai mis les pieds en Abitibi, c’était à l’automne 1969, il y a bientôt 44 ans. J’étais alors un jeune journaliste assigné à la couverture du Canadien Junior. Mon Dieu que le temps passe!

Gilbert Perreault, qui patinait aussi vite que le vent, était la grande étoile d’une jeune équipe dirigée par Roger Bédard, ancien joueur des Reds de Providence. Même si nous étions en matchs pré-saison, Perreault en avait mis plein la vue aux amateurs de hockey d’Amos et de Rouyn. Je me rappelle aussi qu’un jeune gardien de but du nom de Michel Dion tentait de se tailler une place au sein du club. Il a plus tard porté les couleurs des Nordiques dans l’Association mondiale, puis il a disparu dans la brume.

Après le match à Rouyn (plusieurs années avant la fusion avec Noranda), je me suis retrouvé à la résidence de Gilles Laperrière avec Roger Bédard et Norm Connelly, alors agent Labatt en Abitibi. Les trois hommes sont vite devenus des amis pour la vie. Chaque fois que je retourne en Abitibi, je pense à cette soirée chez le grand Lap.

Gilles Laperrière (à gauche) a longtemps été Monsieur Hockey à Rouyn-Noranda. Il pose ici avec son ami Norm Connelly, de Kirkland Lake.

Gilles Laperrière (à gauche) a longtemps été Monsieur Hockey à Rouyn-Noranda. Il pose ici avec son grand ami Norm Connelly, de Kirkland Lake.

Gilles Laperrière, qui fêtera bientôt ses 80 ans, a longtemps été «Monsieur Hockey» à Rouyn-Noranda. En plus de superviser les patinoires de la ville et les ligues de toutes sortes, il était le lien direct entre le Canadien de Montréal et les patineurs du Nord-Ouest. Ex-défenseur des Citadelles de Québec, il connaissait bien Sam Pollock, Scotty Bowman, Claude Ruel et le Prof Caron. C’est ainsi qu’il a aidé plusieurs jeunes à faire carrière au hockey, dont Réjean Houle, les frères Bordeleau, Pierre Turgeon, Éric Desjardins et Stéphane Matteau.

Histoire d’amour

Avec son ami Pit Laflamme, le grand Lap aussi fondé l’École de hockey du Nord-Ouest, un camp d’été qui a connu un immense succès grâce à l’implication de nombreux joueurs de la Ligue nationale. C’est à cette époque que s’est développée mon histoire d’amour avec l’Abitibi, tant et si bien que j’en suis venu à signer une chronique pour l’hebdomadaire régional à la demande du regretté Jacques Bibeau, le même homme qui a procédé à la fusion des villes de Rouyn et de Noranda.

Je pourrais vous parler de la capitale du cuivre pendant des heures et des heures. Je suis chez-moi ici. Sans doute parce que j’y ai tissé des amitiés sincères avec des gens chaleureux et de fidèles lecteurs.

C’est ici que l’hôtelier Gilles Coutu et l’ancien sénateur Normand Grimard m’ont enseigné la chanson du chauffeur de taxi, qu’on a célébré le 500e but de Pierre Turgeon, joué au hockey dans la taverne de Ghislain Beaulieu, fait la pêche sur le lac Kanasuta, mangé de la poutine chez Morasse à 3h. du matin et bien d’autres choses encore.

Je profite de cette bréve chronique pour saluer Ghislain Beaulieu, Gerry Piette, la famille Coutu, André Renaud, Michel Lemire, Yvan Héroux, Wallace Bradley, Jean-Luc Racicot, Louis-Charles Bélanger, Jean-Guy Rivard, Norm Connelly, Réjean Houle et Bernard Duchesneau, ainsi que tous ceux et celles qui m’ont fait aimer ce coin de pays. Sans oublier Pit et le grand Lap, évidemment!