C’est sur la patinoire qu’on aurait eu besoin du Gros Bill!

Le retour de Jean Béliveau au Centre Bell n’a pas suffi et le Canadien a perdu son match inaugural contre Toronto. C’est sur la patinoire qu’on aurait eu besoin d’un joueur comme le Gros Bill!

Voilà un match que Marc Bergevin et Michel Therrien auraient bien voulu gagner, mais il faut rendre à César ce qui appartient à César. Honnêtement, les Leafs méritaient la victoire. Dans l’ensemble, ils ont beaucoup mieux joué que le Canadien.

Voici ce que je retiens de cette soirée:

  • La pénalité de TOMAS PLEKANEC pour conduite antisportive a joué un rôle important dans le résultat final. Les Leafs en ont profité pour se donner une avance de deux buts et le Canadien a ensuite été forcé de jouer du hockey de rattrapage.

    Dion Phaneuf est à son mieux quand il joue à l'intérieur de ses moyens.

    Dion Phaneuf est à son mieux quand il joue à l’intérieur de ses moyens.

  • Le capitaine DION PHANEUF s’est montré imposant à la ligne bleue pour les visiteurs. Quand il joue à l’intérieur de ses moyens et n’essaye pas de trop en faire, il devient très utile à son équipe.
  • JEAN BÉLIVEAU s’est présenté au Centre Bell en compagnie de son épouse, de sa fille Hélène et de son gendre Robert Perreault. Le Grand Jean est très heureux d’être encore parmi nous, mais il se fatigue facilement. Il est rentré à la maison après la première période.
  • Les joueurs des Leafs ne se sont pas gênés pour bousculer ANDREI MARKOV. Le temps nous dira si le défenseur de 34 ans est encore capable d’être dominant dans cette ligue.
  • HENRI RICHARD fait du «sang de cochon» quand on lui parle des exigences salariales de P.K. SUBBAN.
  • La galerie de presse était remplie à craquer. Plusieurs journalistes se sont informés de l’état de santé MARIO BRISEBOIS et de RICHARD GARNEAU, encore hospitalisés. Brisebois prend du mieux, mais Garneau est encore aux soins intensifs.
  • De retour de Floride où il a joué du très mauvais golf, MICHEL BERGERON se dit emballé par le jeune ALEX GALCHENYUK. «Il faut le garder à Montréal, dit-il. Le kid va jouer dans la Ligue nationale pendant 20 ans». Galchenyuk a joué 13 minutes à son premier match dans la LNH.
  • GREGORY CHARLES a interprété l’hymne national avec brio.
  • MONIQUE DÉPATIE, retraitée de la Brasserie Molson, est maintenant membre à vie des Anciens Canadiens. Elle a assisté au match avec son amie ÉLISE DESCHAMPS.
  • ÉLISE BÉLIVEAU devra subir une opération à la hanche à la fin février. C’est le docteur Tanzer qui s’occupe d’elle.
  • VINCENT DAMPHOUSSE était accompagné de ses fils Denver et Bo et de la belle Valérie.
  • MICHEL THERRIEN est le premier à dire qu’il faudra travailler sur l’exécution des jeux et les unités spéciales.
  • ANDRÉ SAVARD est encore à l’emploi des Penguins de Pittsburgh.
  • BRANDON PRUST a bien paru dans son premier combat de boxe de la saison.
  • Tout le monde souhaite bonne chance à SCOTT GOMEZ à San Jose. Ici, il était devenu «persona non grata».
  • DICKIE MOORE travaille encore sept jours sur sept à son commerce de Ville Saint-Laurent.
  • En quittant le Centre Bell, j’ai appris la mort de STAN MUSIAL, un des plus grands joueurs de baseball de son époque. «Stan The Man» était considéré comme un dieu à Saint-Louis. Il avait 92 ans et souffrait de la maladie d’Alzheimer. Sa mort est survenue quelques heures après celle d’EARL WEAVER, ex-gérant des Orioles de Baltimore.

Le Canadien: une équipe porteuse d’espoir?

Sortez clairons et trompettes, alertez les pompiers et faites sonner tous les clochers du Québec! La vie reprend samedi soir au Centre Bell alors que l’équipe la plus auréolée de l’histoire du hockey amorce une nouvelle étape de son existence face à une formation tout aussi prestigieuse qui n’a pas gagné la coupe Stanley depuis 45 ans.

Après un lock-out de quatre mois qui a fait rager autant les joueurs que les amateurs, le Canadien retrouve enfin ses fidèles partisans et on ne doute pas un seul instant qu’il y aura de l’électricité dans l’air avant même que les deux équipes ne sautent sur la patinoire. Le hockey à Montréal, faut-il le répéter, n’est pas un sport, mais une religion qui rejoint toutes les couches de la société.

Malgré les déboires des dernières années, le CH demeure aussi populaire.

Malgré les déboires des dernières années, le CH demeure aussi populaire.

Durant les 15 ou 20 dernières années, le Canadien a raflé beaucoup plus de concours de marketing que de championnats. En fait, les Glorieux n’ont gagné que deux petites coupes Stanley depuis le départ de Ken Dryden, Jacques Lemaire et Scotty Bowman, au printemps 1979. Pour les gens de mon âge, c’est difficile à croire. C’est pourtant la triste réalité.

Avec le temps, le Canadien est devenu une équipe comme tant d’autres. Il a même glissé dans les bas-fonds de la Ligue nationale, une chose longtemps impensable, mais la flamme demeure bien vivante dans le coeur des partisans.

Malgré les déboires des dernières années, on a réussi une belle chose: rajeunir la clientèle et faire de chaque match un happening. Gagne ou perd, on parle du Canadien huit jours par semaine.

Une place dans les séries?

«Porteur d’espoir», tel est le nouveau slogan du Bleu Blanc Rouge. En effet, il y a lieu d’espérer depuis qu’on a décidé de confier l’équipe à Marc Bergevin et à Michel Therrien, mais ça va prendre plus qu’un slogan et de beaux discours pour gravir les échelons.

Ça va surtout prendre des athlètes qui ont du talent et du coeur au ventre. Des gars qui ont le CH étampé sur la poitrine, qui veulent suivre les traces de Howie Morenz, des frères Richard, du Gros Bill, de Boom-Boom et de Flower. Des joueurs qui comprennent la tradition du Canadien et l’importance de l’équipe dans la communauté. Ces joueurs-là existent-ils encore?

Le Canadien nous revient sensiblement avec la même formation que l’an passé, plus l’addition de Brandon Prust, Colby Armstrong et Francis Bouillon. Sans oublier la soustraction de Scott Gomez. Ce n’est pas le Pérou. Si on se fie à l’opinion de la majorité des experts, l’équipe aura grand mal à se tailler une place dans les séries. Même que Mario Tremblay les voit au 10e rang.

On s’entend généralement pour dire que Boston, Pittsburgh, les Rangers, Washington et Philadelphie sont les cinq meilleurs clubs de l’Association de l’Est. Après, c’est le «free for all».

Dans un calendrier écourté de 48 parties, il y aura sans doute des surprises de taille, des pleurs et des grincements de dents. Pour que le Canadien tienne son bout dans la course aux séries, il devra mettre tous ses oeufs dans le même panier. Voici quelques conditions à respecter:

  1. Michel Therrien devra obtenir le support de ses vétérans et faire respecter son plan de match à la lettre.
  2. Carey Price devra rester en santé et faire preuve d’une meilleure concentration, soir après soir.
  3. Brian Gionta, Andrei Markov, Tomas Plekanec, Rene Bourque et Tomas Kaberle devront en donner davantage.
  4. Lars Eller devra poursuivre son ascension.
  5. Le trio Cole-Desharnais-Pacioretty devra produire au même rythme.
  6. Les unités spéciales devront être plus efficaces.
  7. On devra agir avec prudence avec Alex Galchenyuk, plus bel espoir de l’organisation.
  8. Il faudra que P.K Subban soit satisfait de son contrat, qu’il se moule à l’équipe et se défonce chaque fois qu’il saute sur la patinoire.

Méchant contrat!

Jean Béliveau sera présent au match d’ouverture

À moins d’un impondérable, Jean Béliveau, plus grand capitaine de l’histoire des Glorieux, participera aux cérémonies soulignant le match d’ouverture du Canadien, samedi soir, au Centre Bell.

M. Béliveau se remet d’un deuxième accident vasculaire-cérébral à sa résidence de Longueuil. Comme il a encore des ennuis avec son équilibre, il n’est pas question qu’il s’aventure sur la patinoire, mais il lui fera plaisir de revoir plusieurs de ses anciens coéquipiers, dont Henri Richard et Serge Savard.

Jean Béliveau assistera au match d'ouverture du Canadien au Centre Bell.

Jean Béliveau assistera au match d’ouverture du Canadien, samedi soir, au Centre Bell.

On peut supposer que Guy Lafleur et Yvan Cournoyer, deux autres ambassadeurs du Canadien, seront également de la fête.

Serge Savard a subi le remplacement du genou droit à l’hôpital de Saint-Eustache il y a une dizaine de jours. C’est encore souffrant, mais il se sent suffisamment bien pour se rendre au Centre Bell et souhaiter bonne chance à Marc Bergevin, l’homme qu’il a recommandé à Geoff Molson pour prendre la relève de Pierre Gauthier.

Il y aura donc beaucoup d’émotion dans l’air avant le début du match Canadien-Maple Leafs.

Marc Fortier en a bourlingué un coup

À l’époque où il faisait la pluie et le beau temps dans l’uniforme des Saguenéens de Chicoutimi, Marc Fortier était loin de se douter qu’il deviendrait directeur général de cette équipe, 25 ans plus tard. C’était pourtant son destin.

«Après avoir joué dans la Ligue nationale durant quelques années, j’ai décidé de tenter ma chance en Europe et mon aventure là-bas a duré 11 ans, rappelle l’ancien joueur de centre des Nordiques. J’ai connu mes plus beaux succès avec les Polar Bears de Berlin où j’ai été capitaine pendant quatre saisons. Parmi mes compagnons de jeu, il y avait Tomas Steen, Mike Bullard et Mario Brunetta.MarcFortier

«Si j’ai réalisé un rêve dans la Ligue nationale, je peux dire que j’ai tripé en Europe. J’étais bien rémunéré, je roulais en BM, le calibre de jeu était excellent et nous jouions presque toujours à guichets fermés. Le soccer demeure évidemment le sport numéro un en Europe, mais le hockey est quand même très populaire dans certains pays. Les spectateurs portent fièrement les couleurs de leur équipe favorite et chaque match devient une super fête».

En l’espace de quelques mois, Fortier a appris la langue allemande assez bien pour se débrouiller. Il a aussi vécu la reconstruction de Berlin est. «Les Allemands sont travaillants et ils forment un peuple discipliné», précise-t-il sans entrer dans les détails.

Pas fait pour être entraîneur

De retour au Québec, Fortier a tenté sa chance dans le coaching. Il a dirigé une équipe senior dans la Beauce et une équipe junior AAA à Québec, mais il a vite compris que ce métier n’était pas fait pour lui. Il a ensuite été recruteur pour l’Avalanche du Colorado pendant un an, puis directeur du recrutement de la LHJMQ.

«Toutes ces étapes m’ont préparé au métier de directeur général, dit l’ancien petit gars de Windsor. Lorsque les Saguenéens m’ont approché, je pense que j’étais prêt à relever le défi. J’étais trop intense pour être entraîneur. Je prenais ça trop à coeur. Dans mon nouveau rôle, je me sens plus en contrôle. Je peux analyser froidement la situation et prendre la décision qui s’impose».

Âgé de 46 ans, Fortier fait équipe avec Marc-Étienne Hubert, ancien joueur des Patriotes de Trois-Rivières. Leur mission première est de bâtir une solide équipe de hockey, mais ils accordent aussi une grande importance aux études. Étant donné que seulement 2 pour cent des joueurs atteignent la Ligue nationale, il faut les inciter à rester sur les bancs d’école. Cela est d’autant plus vrai que la LHJMQ offre des bourses d’études alléchantes à ses joueurs une fois qu’ils ont terminé leur carrière junior.

«Notre but pour la saison en cours est de terminer dans le top 8 au classement. Une fois dans les séries, tout devient possible. L’an passé, nous avons causé une surprise contre Shawinigan et nous avons livré une très belle lutte aux Sea Dogs de Saint-Jean», ajoute Fortier.

Les piliers des Saguenéens sont Charles Hudon (un protégé du Canadien), Laurent Dauphin et Christopher Gibson, un gardien de but de 20 ans. Ils fondent aussi de grands espoirs en Loïk Léveillé, un jeune défenseur obtenu dans la transaction qui a envoyé Jérémy Grégoire à Baie-Comeau.

«Le hockey a beaucoup changé depuis 25 ans, poursuit Fortier. Depuis qu’on a éliminé l’accrochage, l’accent est mis davantage sur la vitesse et les contacts sont plus violents. Le jeu est «nord-sud» alors que dans mon temps, on jouait plus «est-ouest». Il y a aussi l’équipement qui a beaucoup changé. Ce que je déplore parfois, c’est le manque de respect entre les joueurs. C’est un peu le reflet de la société».

Les Sags ont 40 ans

Le hockey jouit d’une très longue tradition au pays des Bleuets depuis les beaux jours de Georges Roy, de Marcel Pelletier et des frères Smrke. Les Saguenéens Juniors en sont déjà à leur 40e saison dans le circuit Courteau. Chez les héros du passé, on retrouve les Guy Carbonneau, Germain Munger, Félix Potvin, Jimmy Waite, Éric Fichaud, Pierre-Marc Bouchard et David Desharnais.

Il appartient maintenant à Marc Fortier de garder la flamme bien vivante. Comme je le connais, il y mettra tout son coeur et toute son énergie.